vendredi 17 juin 2011

Recul, puis avancee rapide!

(partie de volley des couchsurfers sur une plage proche de Kaş, Kaputaş. Ou repos. Au choix)



Tant de choses se sont passées durant ces deux semaines, que j'ai
l'impression d'avoir vécu plusieurs vies depuis le dernier article du
blog.
Et je ne sais pas par où commencer.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'ai pas beaucoup avancé. Et
même beaucoup reculé.
Il est des endroits comme ça qui vous retiennent et refusent de vous
laisser partir.
Peut-être parce que les voitures y sont immatriculées en 07?
Et ce n'est pas le seul point commun avec l'Ardèche. Les falaises,
certaines activités, comme cannyoning, escalade ou randonnées,
certains paysages, et même les hippies. Évidemment ils ont la mer en
plus. Bon.

(une legende raconte que le mot Turquoise serait ne ici...)

Donc à la suite de mon premier séjour à Antalya, nous nous
retrouvons à Kaş, au Can (djan) mocamp, dans les bungalows duquel
Pawel, couchsurfeur Anglo-polonais, nous a invités pour trois jours.
J'en profite pour récupérer ma tente.
Trois jours plutôt fatigants, à s'amuser comme des mômes. Plage,
volley, chasse au trésor dans les rues de la ville, concours de Limbo,
et "free hugs" (câlins gratuits) à toute la population locale et
touristique de Kaş. Un grand moment.


(soiree telescope, la lune est magnifique ce soir)



Et bien sûr, des rencontres, des "reconnaissances", des personnages
attachants et/ou drôles, et toujours , des discussions de voyage, des
idées, des envies, des pistes...
Comme souvent, une personne vous parle d'un pays, d' une région, et
l'idée germe. Dès lors le hasard met sur votre route le complément
de cette idée. Et l'envie prend forme.
Donc, sans vouloir trop m'avancer, je pense qu'il y aura quelques
modifications dans le parcours à venir après la Turquie, dans un gros
mois et demi. A confirmer, au gré du voyage.




(concours de Limbo)

Dans un premier temps, je n'ai pas pu résister à l'appel du "middle
east rainbow gathering", rassemblement qui durait tout le mois de juin.
Et avec quelques amis, nous sommes partis en stop à la recherche de ce
lieu improbable, où se déroule ce rassemblement de "hyppies, rasta, Gypsies", peace
and love. Tous ne sont pas là pour les mêmes raisons, ne cherchent pas la même chose, mais le point commun, c'est le plaisir partagé, le bonheur d'être là, ensemble. Certains sont admirables de cohérence, et assument avec légèreté des choix de vie personnels.


Au milieu de la montagne, à 1700m d'altitude, 40 km aprés la derniére
vraie route.
Une petite et très mauvaise route qui se termine en chemin, dessert le
dernier village de montagne, à 20km.
Puis encore une vingtaine de km de chemin de terre carrossable. Et
enfin quelques centaines de mètres de montée d'un petit sentier.


Là, derrière un col, une prairie où sont installés les lieux de vie
commune, cuisine, grand tipi pour ceux qui n'ont pas de tente, avec feu
au milieu, et "food circle", au milieu duquel brûle aussi toujours un
immense feu. ( chaque soir, plusieurs arbres entiers, musique, danse...)



Certains, les informations étant peu précises et pour "initiés"
seulement, essaient de s'y rendre à pied ou en stop.
Il y a aussi la possibilité de se regrouper au niveau de la dernière
route, en un groupe suffisant, pour se payer les services d'un dolmuş
qui dessert habituellement les écoles, et fait quelques extras.


Mais
il faut être un certain nombre pour que ça ne revienne pas trop cher
à chacun.
Encore une fois, il faut juste connaître le lieu où trouver d'autres
candidats...
Et là, le véhicule attaque poussivement la montée pendant deux heures. Il ramasse
en chemin les égarés, les épuisés, ceux qui pensaient finir en une
journée la montée et ont passé la nuit dans la montagne, ceux qui
ont fait la moitié en stop avant de découvrir que personne n'allait
plus loin.
Chaque jour, une dizaine de participants montent, et une dizaine
descend ainsi.



(Rachel, Paraguayenne rencontree au cs meeting de Kaş, avec son inseparable engin dont j'ai oublıe le nom, qui lui sert a boire toute la journee un breuvage dont le nom m'echappe egalement... Mais je lui redemanderai)



Certains, la semaine précédente ont rejoint le camp pour célébrer
l'eclipse totale de pleine lune, alors que d'autres, comme nous
célèbreront le solstice d'été (méditation, connection aux 4
éléments, musique et fête), ou la demi-lune (journée de silence et
jeûne pour ceux qui le désirent).



(seance free hugs a Kaş)



La vie est rythmée par les deux repas préparés et servis par la
communauté.( je ne suis pas encore très au point en ce qui concerne la fabrication des chapatis...)
Chacun apporte son aide, et lorsque la nourriture est
prête, le "chœur" des "cuisiniers", lance l'appel "food circle!",
repris par tous dans la montagne pour faire circuler l'information.
Car les tentes des quelques 100 a 150 membres de la "famille" sont réparties
partout autour, au gré des recherches de terrain plat (ça n'existe
pas, sauf autour du food circle), et d'ombre. (ceux
qui dorment sans tente, ne se réveillent parfois pas tout à fait à
l'endroit où ils se sont endormi...




Une fois tout le monde descendu, nous nous rassemblons autour du
cercle, chantons, unite-harmonie, dansons, puis omm, salutation au soleil, et nous
asseyons en concervant la forme de la ronde, alors que les marmites
tournent pour nous dispenser une délicieuse et copieuse nourriture
végétarienne.
Dans la journée, chacun vaque à ses occupations, se réunit autour de
campements commun avec feu et thé, médite, discute, échange, ou va
au ruisseau. Car cascades pour la douche, et sources pour boisson et
cuisine, se trouvent à plus de 20 mn à pieds.
L'anglais est adopté pour la converstion, car tant de nations sont
présentes. L'occasion de prendre des renseignements, noter des
contacts, échanger des expériences.




(personne n'est epargne par nos calins dans les rues de Kaş, pas meme les bebes)



Pour certains, nous nous retrouverons sans doute au cours de nos
voyages respectifs, comme Silvia, déjà croisée en Grèce il y a
trois mois. Alors que d'autres font le parcours dans l'autre sens.
Peut-être recroiserais-je Lisa, ou Piotr, qui se rendent également en
Iran, ou d'autres, le monde des voyageurs étant finalement petit.
J'ai eu des nouvelles d'Eva et Louis par Lisa, qui a marché une partie
de la voie Lycienne, puis des nouvelles par Eva elle-même, qui a été
très malade lors du trek.


Comme d'autres personnes rencontrées, et
qui arrêtaient pour cette raison.


Ainsi qu'au rainbow d'ailleurs.
A chaque fois il est difficile de quitter ses amis, Rachel, Piotr le
blond Polonais qui vit une grande et courte amitié avec Celil le brun
Kurde, deux personnes généreuses et touchantes avec lesquelles j'ai
passé d'excellents moments, Lisa...
Je retourne donc en stop à Anatalya, pour reprendre enfin la route où
je l'avais laissée. Ce trajet me vaut une nouvelle invitation, grand mariage dans 10 jours, mais je ne pense pas m'y rendre car il me dérouterait encore un peu plus... Dommage.









Ha, et ci-dessus l'unique photo du rainbow, ou images et technologies ne sont pas souhaitees





(cascades du parc de ?. Bon alors pour les noms, y compris ceux des personnes rencontrees, c'est carrement le noir total!)




De retour en stop a Antalya, je tente de contacter en dernıere minute Ferhat pour passer la nuit chez lui. Mais il travaille et ne peut repondre. En attendant je fais reparer ma tente, puis decide de reprendre la route dans la foulee.


Destination Konya, par un itineraire qui m'a ete donne par des amis rencontres au rainbow.


Fait entierement a pieds, il prend plusieurs semaines.


Mais je n'ai plus le temps, il me faudra composer avec les opportunites...


(bestiaire: la tortue qui nage. Nouveau hein?)



Alors que je traverse la ville, un motard me prend en croupe, et m'evite ainsi plusieurs jours de banlieue, mais aussi de bord de mer. Nous faisons un break dans un parc ou coulent des cascades.





(Köprülü canyon)




Il me depose dans la petite ville de Serik, ou je passe la nuit. Au matin, je decouvre que le ressemelage du talon de mes chaussures est presque completement decolle. Le cordonnier a vraiment travaille comme un goret! Je vais donc les faire reparer dans un magasin d'electronique. Du bon boulot. Ouf!



(hum, la traversee est tentante...)
İl fait une chaleur ecrasante, alors que je me dirige vers le Köprülü canyon, haut lieu de rafting. Ça devrait me prendre plusieurs jours. Mais me voyant peiner en plein cagnard, tout le monde fait ce qu'il peut pour m'arreter: thé, re-thé, quelques kilometres en voiture, camionette, mini-bus, invitation a dejeuner (un super merci special a... ben voila, j'ai encore un trou mais il se reconnaitra, guide du groupe de Français), re-voiture...


Bref, le soir arrivant, je me retrouve deja en haut du canyon...


Une nuit tranquille en bord de riviere, et je reprends la montee, forte des informations qui m'ont ete fournies au cours des rencontres. Petits plans faits main, noms des villages... car rien n'indique a priori qu'on puisse traverser la montagne qui me ferait passer de l'autre cote. Meme google reste muet.



Chacun m'apporte donc son aide tout en essayant de me dissuader. Trop difficile. Trop dangereux. Ha bon, quels danger? Heuuu... Bon, on verra, apres tout on est en Turquie non?

J'arrive donc ce jour la a marcher 20 km, entrecoupes de 5 km en camionnette. Raisonnable. Levee depuis 5h30 du matin, atteignant vers 15h le dernier village avant la traversee deserte de la montagne, je m'informe d'un endroit ou planter la tente pour me coucher de bonne heure. Ainsi que de l'itineraire mortel du lendemain qui raccourcit de deux jours.



Que n'ai-je attendu le lendemain pour me renseigner! Tout de suite Huseyin et son ami se proposent, car ils envisagent de passer en camionnette par la longue piste pour rejoindre Beyşehir de l'autre cote. Je ne comprends pas exactement ou ils vont, comment ni pourquoi, c'est tres flou, mais bon, ok.



Arrives au col, a 1500m, ils s'arretent pour prendre de l'eau a une source. Bien. Puis, ils decident de pique-niquer la. Tout etait pret dans la camionnette. Un pique-nique des plus serieux. Diner? Dejeuner? Il est 5h du soir. Comme toujours ils me gavent, et chargent mon sac des victuailles restantes. Et prends aussi ces quelques melons, et cette pasteque... Trop lourd!


Puis ils me montrent qu'ils ont une tente dans la voiture. Pourquoi pas dormir ici apres tout, l'endroit est magnifique mais il commence a pleuvoir.



(preparation des brochettes, aubergines grillees, oignons, tomates, oeufs, on roule tout ce qu'on veut dans des petites galettes rechauffees rapidement, hmmm...)



Non, ils m'expliquent que la tente, c'est pour quand ils viennent chasser. Car ici on chasse enormement la nuit. Toutes les nuits de nombreux coups de feus. Nous repartons donc.



Nous voici alors partis pour la tournee de tous leurs amis bergers, car ils veulent acheter fromage et lait, mais il faut attendre l'heure de la traite. C'est a dire 8h du soir!



Nous patientons donc en prenant le the et encore quelque nourriture, chez la famille de bergers qui habite cette cabane. Le soir tombant, cette famille me propose de dormir avec eux, et de descendre a pieds le lendemain matin.


Oui! Je vote pour! C est trop beau ici! Demain, descente sur le plateau, puis marche et camping le long du lac de Beyşehir. Cool.




Mais mes deux compagnons ne l'entendent pas de cette oreille, et preferent me garder pour eux. Non, viens a la maison, des que le telephone passe j'appelle ma femme, et tu dors a la maison. Bof.


Nous repartons donc en voiture, et je loupe tout le beau paysage de nuit. Snif.


Puis il appelle sa femme, et comme il est tres tard, elle ne veut pas. Le conducteur depose son copain, puis se tape 60 km de plus aller-retour pour me poser directement a Beyşehir, car je refuse de planter ma tente n'importe ou en bord de route, dans la nuit et le crachin qui continue a tomber.


Onze heures du soir, apres une derniere invitation a diner, (je ne sais plus combien de repas j'ai pris aujourd'hui), j'atteris dans un petit hotel de Beyşehir. Tiens, j'ai mis trois jours a faire le parcours d'un mois. Bof, j'prefere la marche a pieds.







Encore une fois, je n'ai pu mettre toutes les photos dans l'ordre, voici donc quelques vues d'Antalya, de mes pauvres chaussures avant tentative de restauration, et de notre soiree cs dans l'amphitheatre de la marina d'Antalya.

(Quelques compagnons couchsurfeurs)

( İci, on dirait bien qu'ils abusent du viagra... On s'etonne apres qu'il y ai une proportionnelle consommation d'aspirine! Toutes les femmes ont la migraine!)



( Hadrian Kapısı: porte d'Hadrien a Antalya)




Et encore une fois, pas possible de redimenssionner les photos, il faut toujours cliquer dessus pour voir en grand...




Je suis maintenant sur le plateau Anatolien pour très longtemps, à plus de 1000 m d'altitude. Il fait beaucoup moins chaud. Voire frais avec nuages. Ou brulant le jour et glacial la nuit. Je viens d arriver a Konya.

4 commentaires:

  1. Bonjour Francoise,
    Très heureuse d'avoir de tes nouvelles, nous avions pas mal de retard car on a eu un problème informatique. Ton voyage est formidable tant en rencontre que par les paysages. De pouvoir suivre ton blog nous fait aussi voyager. J'espère qu'on aura l'occasion de se revoir quand tu rentrera en France. Nous te souhaitons bonne route, en attendant les prochaines photos et récit.
    Carine et sa famille de Grasse.

    RépondreSupprimer
  2. que d'aventures !
    de notre côté les choses sont beaucoup plus calmes : demain, je pars pour Maraval avec un couple d'amis alors que Célio, en tant que parfait futur père de famille, reste pour gagner le pain quotidien :p
    à lire tes articles, je réfléchis au moyen de confectionner un sac à dos spécial transport de TPR (Tout Petit Randonneur) avec stérilisateur et nettoie-couche inclus! des idées?
    des bisous !
    domi

    RépondreSupprimer
  3. Bravo pour cette expérience ! mais qui nécessite du courage (ou inconscience) si tu te retrouves seule sur les chemins certaines fois. En tout cas, merci de faire partager aux sédentaires comme moi tes impressions sur la Turquie et ses habitants.
    Françoise de Boulogne Billancourt

    RépondreSupprimer
  4. la boisson de la Paraguayenne, c'est du mate (prononcer maté) :-)

    RépondreSupprimer

N'hésite pas, un petit commentaire ça fait toujours plaisir!(il sera mis en ligne un peu plus tard, c'est normal)