dimanche 5 juin 2011

Kaş-Finike

Bon d'accord, vous l'aurez voulu. Devant les mails d'amis qui me disent apprécier le style plus personnel et plus bavard du blog, je me lâche!

Alors, dans la foulée: je me suis crevé un œil, pété une cheville, fait attaquée par un serpent, et choppé une pneumonie.
Nan, j'rigole! C'est juste pour appâter le lecteur, style "Voici" ou "Gala"... La réalité est juste un petit degré en dessous.
Le probleme etant juste que toutes les photos sont dans le desordre. Et je ne peux toujours pas les redimensionner... ni trouver les points et virgules aujourd hui.

Mais commençons par le commencement. Dès mon départ de Kaş, quelques gouttes tombent encore après l'orage de la nuit.
Après une étape courte mais physique, je préfère m'arrêter sur une petite plage pourvue de cabanes avec coussins et matelas de transats pour parer à toute éventualité.

Bien m'en prend, car l'orage éclate à la nuit tombée, et ça ne rigole pas.

Je rencontre sur cette plage des couchsurfeuses, deux Iraniennes, hébergées par une Américaine. Je n'arrête pas de rencontrer des personne qui me mettent en contact avec l'Iran d'une manière ou d'une autre. Dois-je y voir la confirmation de la direction à prendre? Sans doute.


Au matin, je repars avec le plein d'eau, car l'étape risque d'être chaude et sèche. Finalement, c'est carrément une étape épouvantable, qui me laissera perclue de courbatures, bien que toujours entre mer et collines, mais avec dénivellée cumulée et terrain redoutables.

Heureusement j'y vois clair, car quelques jours avant, cherchant mon chemin dans les broussailles, j'avais pris une branche dans l'oeil. Bobo. Mais un petit remède miracle, thé dans l'oeil a tout remis en ordre rapidement.


#C est chouette les Lyciens avaient meme prevu des mains courantes#




#petit toit plage coussins. J attends l orage...#



#bestiaire suite#

#j envisage de trouver refuge dans ce tombeau avant la pluie. Mais trop petit. Je continue#


Dans l'après-midi, trempée de sueur, j'attends avec impatience la prochaine citerne pour me rincer, et mouiller mon chapeau. Tout en guettant le ciel qui devient de plus en plus menaçant. Hmmm, il serait temps de planter la tente... Ha mais suis-je bête, je l'attend toujours!


Et lorsque je parviens enfin à la citerne tant espérée, je suis trempée de pluie, et suis obligée de continuer sous l'eau, jusqu'à ce que je trouve un village.


Ces quelques heures en tee-shirt sous la pluie, cumulées à des nuits assez froides, et je suis quitte pour une bonne crève! Mais il n'en n'est pas question, et en mâchouillant toute la journée du kekik (thym local qui ne ressemble pas du tout au notre), j'en viens rapidement à bout. C'est vraiment d'une efficacité exceptionnelle.


Tout comme le plantain qui vient à bout rapidement de toutes mes écorchures.


Je trouve donc refuge le soir dans une famille qui a pour habitude d'accueillir les randonneurs contre rétribution. Ça tombe bien, je peux ainsi joindre ma maman et mes fils, car c'est la fête des mères. Youpi!


Quelques kilomètres plus loin, le matin, je rencontre un gars du Colorado qui fait une partie du trek et qui attend que ses affaires séchent, car la veille, le ciel s'étant éclairci, il n'avait pas mis son double toît, et s'est pris la flotte à 5h du mat.


Pratiquement pas de randonneurs sur le parcours, et plus de trace d'Eva et Louis...


#Toutes les femmes a force de vivre courbees par les travaux des champs et autres ne peuvent plus se redresser. Comme cette vielle femme qui cueille des simples dans la montagne#


#Quelque part dans ces rochers se chauffe au soleil le serpent noir...#




Peu de temps après, alors que je rejoins la mer, accablée de chaleur, je jette un petit œil pour juger de l'opportunité d'une baignade, et pof, une seconde d'inattention, entorse. Donc pas de baignade, je continue pour ne surtout pas laisser refroidir le truc, et éviter que ça gonfle trop. Rééducation par le travail! Non mais!


Une nouvelle nuit à la belle étoile où je me retrouve trempée de rosée dès la tombée du jour, et une heure le matin pour sécher le duvet, la lessive de la veille, et tout ce qui traînait. Il n'a pas plu cette nuit là, mais le résultat est à peu près le même.


Le lendemain, alors que je venais à peine de retrouver mon chemin après une lutte acharnée entre rochers et végétation agressive pendant deux heures, je vois filer à moins d'un mètre de moi un énorme serpent noir brillant. Plus tard j'essaierais de trouver des renseignement sur Internet, et il est super venimeux.


Désolée, je n'ai pas eu le temps de prendre la photo.


Je marche donc avec le moins de discrétion possible, tapant le sol de mes bâtons, pour qu'ils me sentent venir. Parce que finalement, qui a eu le plus peur des deux, hein? Ils ne demandent qu'à éviter qu'un humain leur marche dessus, c'est tout!


Aprés ces quelques étapes éprouvantes, le ciel se couvrant toujours de nuages dans la soirée, j'aimerais bien un abri pour la nuit.Mais une fois passé ce petit pont, je me jette toute habillée dans la rivière glacée, et envisage de dormir sur un petit coin de plage désert et paradisiaque.


Seulement je n'ai plus une goutte d'eau, et après avoir goutté celle de la rivière, qui trop proche de la mer est un peu salée, je traverse la baie pour rejoindre la civilisation en quête d'eau potable.


C'est alors que je rencontre Adem (Adam), qui me propose de dormir sur l'un des bateaux touristiques qui restent à quai la nuit, et dont les capitaines vont dormir en ville, à 5 km de là.


Il demande à l'un des propriétaires, et c'est ok.


Bon, entre la plage et cette proposition, je choisis le confort de la cabine... Et ce petit port, dédié uniquement aux bateaux qui font le tour des plages et îles, et est couvert d'autocars dans la journée, s'avère un hâvre de paix, entre 17h et 10h le matin. Il ne reste que quelques personnes se détendant après une journée de travail, s'invitant de bateau à bateau, pour un thé ou un repas, un moment de sérénité et de détente.


Et au matin, Adem me fait accompagner en ville par un ami à lui, afin d'éviter les 5 km de route chargée de cars.


#Et j attends que ça seche...#


#si si le pont a tenu#




#interieur et exterieur du bateau qui a abrite ma nuit#





#les tombeaux creuses dans la montagne reprennent l allure de la demeure des defunts de leur vivant#





#Apres avoir traverse la riviere a gue je dis au revoir a Ademe#




Je fais donc une visite éclair au site de Myra, et toujours sans nouvelle de ma tente (qui est juste partie en service lent au lieu de rapide), je décide d'enchaîner avec quelque appréhension, une étape de deux ou trois jours sans possibilité de ravitaillement et très peu de points d'eau. Le tout avec plus de 2000m de dénivellée cumulée. Je prend le minimum des minimums en nourriture, et sors de Demre, tout en me faisant la réflexion que je n'avais pas mangé ce midi, et ne voulais pas attaquer mes provisions de route.

Et hop, voici Adem (un autre), qui arrête sa voiture, et me propose de venir déjeuner chez lui. Un ptit coup de fil, et sa femme nous attend. Après le déjeuner une petite sieste, et finalement me voici à Demre pour deux nuits. Et ce n'est pas plus mal, ma cheville en ayant profité pour gonfler inconsidérément. Petites ballades en voiture, plage, et c'est reparti pour un tour.



# Hmm il faudra bien la boire l eau de cette citerne. Je n ai plus que ça... #


#sympathique cabane pour ce soir. Il manque juste le toit. Mais heureusement il ne pleuvra pas#


#une fois n est pas coutume je me fais un petit feu...#



#trop petit et peu confortable. Je continue#


#je revais de me rafraichir a l eau d une citerne. Mais lorsque je la trouve je suis trempee de pluie depuis une heure#


#la cabine du bateau##Rien de tel qu une bonne petite baignade pour soigner une cheville#


#Deja indiscernable en bas la maison d Ademe et sa famille. J aurais pu y rester cette semaine pour la cueillette des poivrons mais je prefere avancer car il risque de faire de plus en plus chaud. Et c est deja terrible.##pour du vieux puit c est du vieux puit#


#partout dans cette prairie des dizaines de cabanes d estive pour bergers.#


#Et c est la chute. Dans la descente de ce petit canyon asseche la fatigue aidant rien n a tenu. Ni les batons ni les chaussures ni les fesses. Direct en bas. J en suis quitte pour quelques bleus...#



#buissons de piquants agressifs#




#Gros plan de piquants agressifs. Sur les tibias des heures durant c est un peu lassant#


Apres les deux dernıeres etapes petite pause a Finike. Meme pas malade avec l eau des citernes. Mais bonne pour le concours de laideur. Bleus ecorchures...


Et toujours pas de tente. Je risque bien de terminer le trek sans en avoir vu la couleur. Et des orages s annoncent. Comme hier soir. Heureusement que j etais en ville. Nous verrons bien...

5 commentaires:

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  3. Et tout ca raconté dans un style chaleureux; amitié, Bertrand.

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  4. je suis éblouie par la beauté de tes photos de la mer et des paysages,mieux que le journal "Détours en France" qui est pourtant bien joli!
    et oui, c'est mon truc la mer aussi, mais en plus modeste, la méditerranée ! Et je ne fais que3kms par jour! avant de rentrer dans ma petite caravane; je n'ai pas de problème de logement, moi!
    Courage pour tout cette chaleur à venir, marche à l'ombre !!!
    bises. maria

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  5. Salut Françoise, c'est Luca, le garçon du CS qui été venu chez toi en Vespa avec mon amie Marzia l'année dernière. J'espère que tout se passe bien pour toi, voilà juste un petit mot pour te souhaiter bonne continuation. Moi Je suis dans le sud de thailande et je vais rencontrer un ami en Chine dans 10 jours. et Je pense me poser la-bas quelque temps si j'arrive à trouver un job....et alors qui sait...et alors à bientôt peut-être en chine!
    Luca

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