mercredi 5 novembre 2014

ENFIN LE SPECTACLE !

Après une très longue absence de la toile, me revoilà avec une grande nouvelle.
Le spectacle sur ce périple pédestre a enfin vu le jour.

Si vous êtes trop éloignés pour assister à l'une des prochaines représentations (en Ardèche), je vous invite à faire venir le spectacle près de chez vous!
Vous pouvez consulter, et faire parvenir le dossier de presse, à toute salle susceptible de le programmer.

Voici le flyer
(Détails plus bas.)




Le livre est prêt également, mais je n'ai pas encore eu le temps ni le courage de me mettre en quête d'un éditeur... Si vous avez des pistes, je suis preneuse !

Répétition


vendredi 2 novembre 2012

Mais qui a marché?



Qui a marché, et avec qui?

Oui, "qui a marché?", ai-je tendance à me demander.

Lorsqu'on discute avec moi et me pose des questions sur cette grosse randonnée, j'y réponds et je sais que j'étais présente à chaque instant, mais j'ai l'impression que je parle de quelqu'un d'autre.
Quelqu'un que je connais bien, mais qui n'est pas moi. Plus moi?


Ne croyez pas pour autant que j'ai changé. Que ceux qui m'aimaient telle que j'étais se rassurent, je dis et je fais toujours les mêmes bêtises, ils s'y retrouveront.
Quant à ceux qui auraient aimé me voir transformée, qu'ils se désolent, je dis et je fais toujours les mêmes bêtises.

Cette personne dont je peux lire les récits dans le blog a fait des trucs qui me semblent bien étonnants.
Et je comprends mieux maintenant, la surprise de ceux rencontrés en route, ou restés en France.

Entre vivre les évènements au jour le jour et les regarder de manière globale, les lire, en écouter le récit, il y a une sacrée différence.

Au jour le jour, dans l'action, on gère ce qui se présente, aussi simplement qu'on gère les problèmes d'un quotidien plus classique.
Une situation se présente, on réagit, point.
Chaque journée est unique, et ne dure que 24h.
Ces heures sont parfois courtes, parfois longues. Le lendemain, n'est qu'un nouveau jour.

Il serait décourageant, d'envisager le chemin restant à parcourir, autant d'ailleurs que celui parcouru.
Chaque matin, le but, c'est ce soir..

Mais avant de me perdre en digressions, je vais reprendre les questions qui m'avaient été envoyées par Marion, et qui vont me donner une base pour jeter un coup d’oeil en arrière.
« As-tu parfois souffert de solitude? As-tu eu des problèmes de communication trop importants qui bloquaient les échanges? As-tu eu peur? Dirais-tu que le fait que tu sois une femme a été plutôt un avantage ou un désavantage? As-tu rencontré des populations antipathiques? Aurais-tu pu t'installer pour de bon quelque part, ailleurs? Qu'est ce qui t'as le plus manqué? Qu'est ce qui va maintenant le plus te manquer? »
Je vais tâcher d'y répondre, plus ou moins dans l'ordre, selon les réflexions que ça m'inspirera au fil des réponses. 


Histoire de ne pas rendre ce post trop austère, quelques photos prises depuis le retour...
Les gorges de la Beaume


-Ai-je souffert de la solitude?

Je ne crois pas. Difficile à dire avec le recul, car les moments pénibles ont tendance à s'effacer.
En gros, lorsque j'étais davantage dans une formule classique de voyage, comme en Inde, et en milieu urbain en règle générale, disons que j'avais plus conscience du fait que j'étais seule.

Paradoxalement, dans les périodes solitaires, était-ce parce que je me racontais toujours des tas de trucs qui me faisaient rigoler, j'avais toujours la sensation diffuse et inconsciente d'être, couvée? protégée? accompagnée?

Et lorsque j'arrivais dans un village et devais répondre à la première personne rencontrée qui me demandait invariablement: « Tu es seule? », j'ouvrais tout d'abord la bouche pour répondre non à cette question incongrue, puis marquais un infime temps de réaction, pendant lequel je me mettais à la place de mon interlocuteur, et répondais oui.

Mais il me fallait lutter un peu, pour me conformer à la réalité de la situation objective.
Non sans avoir jeté un imperceptible, et même imaginaire regard par dessus mon épaule afin de m’en convaincre.

Mon premier élan était de répondre que j'étais accompagnée, car je ne me sentais absolument pas seule.

Schizophrénie? Mysticisme? Délire?
Je l'ignore.


-Problèmes de communication ?

Bien sûr, mais étaient-ils vraiment dus aux langues, ou bien aux pays traversés et aux peuples côtoyés?

Quelque soit la langue, ma capacité à la parler, ou celle de mes interlocuteurs à s'exprimer en Anglais, la communication était surtout tributaire de la bonne volonté, de la curiosité, de l'envie de communiquer.

Où que ce soit, on parvient toujours à se faire comprendre lorsqu'on joue à deux à ce jeu là.

Rien de pire, quelques soient les efforts déployés, que de tomber sur quelqu'un qui fait la sourde oreille.
Ce qui donne parfois dans la même journée l'impression de maîtriser à peu près un vocabulaire de base, et une heure plus tard, d'être incapable de prononcer un traître mot correctement.

Ceci pour la communication de base.
Dans tous les cas, dès qu'on veut approfondir, on se sent très limité. Ce qui est regrettable dans de nombreuses occasions.


Hmmm l'Ardèche!


-Ai-je eu peur?

Grande question.
Non. Ce que j'appelle la peur, c'est quelque chose qui vous fait paniquer, vous empêche de réagir et de réfléchir.

En revanche, je parlerais plutôt de prudence, méfiance.
A chaque seconde, avant chaque décision, face à chaque évènement, se déroule dans ma tête un passage en revue systématique du pire possible, qui ne s'est jamais présenté.

Tout en restant complètement disponible, en attente du meilleur, qui ne manque jamais d'arriver.

Confiance totale et paranoïa absolue cohabitent en permanence. Cocktail schizophrénique avec lequel il faut apprendre à vivre.


-Femme. Avantage ou inconvénient?

L'inconvénient et danger majeur, qui vient immédiatement à l'esprit de chacun, est l'irrépressible et anarchique appétit sexuel masculin. Sollicitation permanente.
Il faut être en état de vigilance permanent. Il faut savoir dire non. Le répéter. Le répéter encore. Et encore. Faire respecter ce non.

 Voilà pour L'INCONVÉNIENT. Assez lassant comme truc, souvent horripilant il faut bien le dire, mais finalement gérable.

Mis à part ça, que des avantages.

Ne représentant de danger pour personne, j’étais la bienvenue dans les familles, chez les hommes seuls, aussi bien que les femmes seules.

Une chose amusante se produisait, que j’ai mis un certain temps à analyser:

Dans de très nombreux cas, ce fameux désir masculin, était jugulé par un instinct souvent encore plus fort, celui de protection.
Et à partir du moment où un homme a peur pour vous (en fait il craint les autres pour vous, projetant vraisemblablement ses propres fantasmes), et décide de vous protéger, il semble en quelque sorte s’autocensurer.

Lorsque j’ai enfin compris ce mécanisme, je l’utilisais lorsque la situation menaçait de se dégrader.
Je tentais de replacer l’homme tendancieux en position de protecteur, lorsque je sentais qu’il risquait de représenter un danger.

En gros, ça fonctionnait, sauf en Inde. Là-bas, en plus, ils argumentent:
-NON.
- Mais pourquoi ? Tu es une femme, je suis un homme, voilà.


Un ptit coup de blocs à Païolive.


Ce qui nous amène à la question suivante :

-Ai-je rencontré des populations antipathiques ?

Bon alors pour rester politiquement correct, on va dire, différentes, apeurées, avec d’autres valeurs…

Premièrement en Italie.
En discutant avec les uns et les autres depuis mon retour, il apparaît qu’il y aurait deux Italies.
Celle dans laquelle vous arrivez en avion, train, bateau ou voiture, et dormez dans des hôtels, munis de votre carte bleue.
Une Italie charmante, accueillante, haute en couleurs.

Et celle dans laquelle vous débarquez à pieds, en stop, à vélo, dormez dans une tente, dans un hamac, à la belle étoile, et portez un sac à dos. Je ne parle même pas de l’éventualité d’être hébergé chez l’habitant !

Une Italie peureuse, que dis-je peureuse, terrorisée, à la limite de l’agressivité, souvent moqueuse, au mieux indifférente.

D’après eux (qui reconnaissent volontiers ces attitudes), ça viendrait des problèmes rencontrés, avec les Albanais en particulier, et toutes autres populations immigrées en général, parfois de manière clandestine.

Donc, en gros, tu portes un sac à dos et voyages sans voiture = tu es pauvre.

Tu es pauvre = tu es voleur.

Tu es voleur = peut-être es-tu aussi un assassin.

Ce qui pousse certaines personnes croisées à s’enfuir littéralement lorsqu’on les salue, des femmes à hâter le pas dans les rues désertes lorsque vous marchez derrière elles, et certains enfants à vous jeter des pierres.

Personnellement,il m’a bien semblé que leurs programmes télé axés sur les dangers qui vous guettent en permanence (avec interventions policières filmées), sur la violence, les meurtres, les vols, les viols, ne doivent pas aider.
Comme chez nous, en gros, mais en pire.

Ce qui est d’ailleurs le cas des télés et messages subliminaux des gouvernements en général.

Donc, malgré l’extrême gentillesse de Richard, rencontré à Nice et qui nous avait fourni cartes de pèlerins, topo détaillé de la via Francigena jusqu’à Rome, et liste des accueils de pèlerins, même l’hospitalité religieuse n’était pas au top.
Outre le fait qu’elle était systématiquement payante, du simple don (normal), à des prix prohibitifs, la chaleur humaine en était quasiment absente. Lorsqu’on daignait nous accueillir…

Car si, pour une raison ou une autre, du style dortoir en travaux, la sœur ou le prêtre au quel nous nous adressions décidait qu’il ne pouvait nous héberger, il ne servait strictement à rien d’invoquer le froid, la nuit, la pluie, la neige.
Inutile d’expliquer que nous ne désirions qu’un toit, même sans chauffage, que nous avions des matelas et duvets, et qu’un simple couloir ou garage ferait l’affaire.
Sans pitié, piété ni compassion, la porte se refermait sur la nuit, sans plus d’espoir de la voir se rouvrir.

En deux mois, deux prêtres ont ouvert leur porte avec sincérité, générosité, humanité.
Je les remercie du fond du cœur.

Et en dehors du couchsurfing (assez rare finalement, en raison du nombre impressionnant de couchsurfeurs hommes, qui ne désirent héberger que des femmes seules), seule une personne, alors que je marchais seule pendant quelques semaines en Italie, m’a presque spontanément reçue.

Presque, car la proposition est intervenue d’une part à la suite d’une discussion devant une jolie chapelle sur fond de colline dominant le soleil couchant sur les « cinque terre », et que la femme du Monsieur prêt à m’offrir l’hospitalité a été plutôt difficile à convaincre :

Il parle quelques mots de Français, et après m’avoir invitée, en informe sa femme, présente à ses côtés. Terrorisée d’accueillir une « cheminote » telle que moi, elle refuse.
Enfin, à la fin d’une loooongue discussion, je l’entends accepter de guerre lasse, tout en déclarant à son mari : « Bon d’accord, mais alors dans la véranda avec le chien ! »

C’est ainsi que j’ai bénéficié du plus chaleureux accueil qui m’ait été offert. Batti, car c’est son nom, a préparé un délicieux dîner, s’est mis en quatre pour faire oublier les conditions imposées, et m’a même raccompagnée sur le chemin le lendemain, se mettant ainsi en retard pour aller travailler.

Merci Batti, tu es mon Italien préféré !


C'est pratique la moto, mais quand il faut se rhabiller, c'est long! Changement à vue dans les rues d'Avignon.


Allez, je vais laisser les Italiens tranquilles, il me reste encore à parler des Indiens…

Hmmmm, que dire ? On pourrait remplir des pages là-dessus. Comment résumer ?

Disons que la différence culturelle est énorme. On a beau avoir entendu dire que c’était un continent à part entière, comme coupé du reste du monde, quasiment une autre planète, on a beau s’y préparer, on ne sera jamais prêt.

Quelques soient les raisons que j’ai tenté de trouver à certains comportements, elles n’expliquent jamais tout.

La pauvreté, la surpopulation, le climat, l’influence de la/des religions, existent dans de nombreux autres pays, à des degrés divers, parfois semblables, mais le cocktail propre à l’Inde crée cette particularité improbable et insolite.

Il m’a paru mystérieux, énigmatique, que cette particularité, cette différence, semble s’arrêter aux frontières du pays, et ce dans toutes les directions. Ce qui renforce cette impression « d’autre planète ».

Sans rencontrer de réelle agressivité, le mélange de regards insistants quoique neutres, et l’attitude due au concept de karma, vous mettent souvent dans une position distanciée, à la limite de l’absurde.

C’est en tous cas mon ressenti. Ainsi d’ailleurs que celui de nombreux voyageurs solitaires se déplaçant dans des conditions basiques, et pour un temps assez long dans le pays.

Ce qui semble ne pas être le cas des personnes voyageant ne serait-ce qu’un tout petit peu plus confortablement.
Un peu comme en Italie finalement, la perception du pays parait dépendre du porte-monnaie.

Bref, il est assez épuisant de lutter chaque minute contre les tentatives d’arnaques systématiques (explication : « on t’arnaque pour te montrer qu’on te respecte, car tu es riche. » Mouais, un peu tiré par les cheveux hein…), le bruit, la saleté, le harcèlement sexuel (curieusement pas de la part d’hommes dans une foule anonyme, mais systématique dès qu’un homme possède trois mots d’Anglais), un étonnant mélange d’indifférence et de regards pesants, et j’en oublie…

Tout en relativisant.  D’une part, le manque d’informations qui m’a contrainte à utiliser des moyens de transports au lieu de marcher, n’a pas pu me donner l’équivalent de l’expérience rencontrée dans les autres pays

Et du coup, je n’ai déambulé que dans le nord, principalement dans les villes. Le sud c’est autre chose, m’a-t-on dit.

D’autre part, j’ai vécu également de très belles choses avec des gens curieux, sincères, généreux et bons, même si la communication ne faisait finalement que multiplier les questions sans réponses.

Mais je m’arrêterai ici, ce sujet pouvant faire l’objet d’un roman fleuve…


Le festival des orgues de barbarie à Chassiers.


Question suivante ? Ha oui.

-Aurais-je pu me fixer dans l’un des pays traversés ?

NON.
Principalement car ce n’était pas mon but. Je ne suis pas partie pour fuir la France, comme certaines personnes que j’ai pu rencontrer. J’aime ce pays, ma région, ma maison, ma famille, la vie ici.

Même si la curiosité me pousse toujours à faire quelques pas de plus, et encore quelques pas de plus, et encore qu… je ne me suis jamais imaginé que l’herbe était plus verte ailleurs.
Je la trouve d’un vert parfait en Ardèche, même lorsqu’elle jaunit un peu sous l’effet de la sécheresse…

Il m’est très difficile de m’imaginer vivre ailleurs. Comme il doit être extrêmement difficile de vivre en France lorsqu’on n’y est pas né.

Il me revient une anecdote d’un voyage antérieur. Un couple de jeunes immigrés, tous deux Polonais, qui vivaient et s’étaient rencontrés à New York.
Même s’ils maîtrisaient parfaitement la langue, travaillaient et habitaient aux Etats-Unis, ils ne concevaient pas l’amour dans une langue étrangère. Il leur semblait qu’ils auraient été frustrés des subtilités linguistiques et culturelles propres à l’amour.

Ce n’est qu’un détail, mais à l’époque, j’avais trouvé qu’il était révélateur d’une multitude d’autres détails, qui même après trente ans de vie dans un pays étranger, vous rappellent chaque jour que « vous n’êtes pas d’ici ».

En revanche, si la question ne portait pas sur l’installation définitive quelque part, mais sur l’appréciation d’un peuple, il est certain que ma préférence irait à la Turquie et à l’Iran.

Mais il ne faut pas se leurrer. A l’intérieur même de ces pays, comme absolument partout ailleurs, lorsqu’on dit à un habitant que les gens sont gentils, il vous répond systématiquement : « C’est parce que tu es étrangère. Entre nous, c’est très différent. »

Et à chaque fois, me revenait la blague dans laquelle un mort tout frais arrive au paradis, et après un petit séjour test, choisit l’enfer, peuplé lors de sa « période d’essai » de femmes nues et déchaînées.
Mais lorsque les portes se referment définitivement, que les femmes dénudées se changent en une multitude de démons armés de fourches précipitant les âmes damnées dans les feux crépitants des enfers, il demande à ressortir, et St Pierre lui crie de l’extérieur :
-« Voilà, tu viens d’apprendre la différence entre touriste et immigré ! ».


Pleuvra-t-il avant la fin du festival?


Tout ceci nous fait arriver aux deux dernières questions.

-Qu’est-ce qui m’a le plus manqué ?

Rien.
Pendant le voyage, si on est prêt à s’adapter à tout, si on est prêt à tout laisser derrière soi (pour un certain temps en tous cas me concernant), rien ne manque. On n’y pense pas.
Sans grand mérite, car les technologies modernes, si l’on en fait le choix, vous relient toujours à ceux que vous aimez.

Et si eux sont prêts aussi, et ne vous mettent aucune pression (encore une fois dans la mesure où vous comptez vous retrouver dans un laps de temps qui vous semble raisonnable), le manque n’est pas perçu comme tel.

Donc merci à ceux qui m’ont laissée vivre cette aventure sans pression, et en tout premier lieu, à mes fils.


Pourquoi pas un petit tour dans les montagnes corses?

Dernière question.

 -Qu’est-ce qui va le plus me manquer ?

Rien.
J’ai vécu ce que j’avais à vivre, par choix, par plaisir. Je suis rentrée par choix, par plaisir. Ce sont des tranches de vie. Presque douées d’indépendance, dont le seul fil conducteur est le fil de mes pensées.
Ce fil n’est pas coupé, mais les pensées évoluent, avancent, et ce qui reste est la mémoire, parfois fidèle parfois moins, présente en moi, tout en appartenant au passé.

Ce qui est surprenant, c’est la découverte à posteriori de certains manques. Sur le coup, on n’y prête pas vraiment attention, tout juste une constatation. « Tiens, il est difficile de trouver du chocolat par ici. Il est cher, pas bon et rare. » Et même une addict comme moi finit par ne plus y penser.

Ou bien, « Pas évident de se faire des provisions pour plusieurs jours dans le sac à dos, sans pain et sans fromage ». Bon, on trouve autre chose.

Mais au retour, j’ai largement rattrapé deux ans de chocolat et de fromage. Et j’ai réalisé que ça m’avait manqué.

J’imagine donc que si je repartais dans les même conditions, je redécouvrirais avec plaisir des choses dont j’ignore qu’elles me manquent actuellement.

En fin de compte c’est également comme ça que fonctionne notre quotidien. On n’a jamais tout en même temps, à commencer par le jour et la nuit, et c’est pour ça qu’on apprécie la variété de notre existence.






-Quelques petites réflexions complémentaires…

LE truc dont je suis la plus fière :
En dehors des lunettes, je n’ai jamais rien perdu !
Et mieux encore on ne m’a jamais rien volé !

Ni appareil photo, ni téléphone, ni chargeur de batterie, carte bleue, passeport… 
Le fameux mélange paranoïa-confiance a fonctionné.

Avant chaque pays, l’appréhension de la nouveauté, ajoutée à la méconnaissance de la langue, des lectures, et ouïes dires des autres voyageurs, font penser : « Allez, finie la rigolade, ici, il va falloir être plus vigilante ! ».

Et, après une dizaine de jours au début, puis 7, puis, 5, 3, et pour finir quelques heures, on intègre le fonctionnement d’un pays.

Passées les premières surprises, on constate que derrière cette nouvelle frontière vivent des gens, des humains quoi, et qu’ils sont plutôt pareils en gros.
Y’a des gentils, y’a des moins gentils (souvent ceux qui ont plus peur), et puis voilà.

Ok, il y a des différences dans la manière de manger, d’acheter un billet de bus, et surtout une carte sim ! ;-), et de pleins de petites choses du quotidien, mais ce ne sont que des détails.

Pour le reste, tant qu’y a de l’humain y’a de l’espoir, et puis il faut y croire.




Avec le recul, j’ai l’impression que c’est ce qui fait toute la différence.
L’envie, la volonté, l’absence de doute.
Ce qui n’exclut pas une remise en question permanente, des interrogations sur pourquoi, comment, pour combien de temps, l’envie est-elle toujours là, ce qui implique une foule de petites décisions permanentes.

Chacune de ces micro-décisions renforçant finalement le projet initial, dans la confiance.

Du coup, les évènements semblent se conformer aux projections de l’esprit.
C’est un peu la seule explication que je peux apporter à la réussite de ce périple. Je l’ai désiré, me suis donné les moyens de le faire, c’est arrivé.

Forcément différemment de ce que je pouvais imaginer, mais toujours dans l’étonnement, la surprise.

Après, on peut aussi invoquer une bonne étoile, des anges gardiens, de la chance, tout cela passe par la tête évidement au cours d’une aventure comme celle-ci.
Bien que j’ai plutôt du mal à qualifier ça d’aventure, à notre époque, en vertu de nos connaissances sur notre planète, et des moyens à notre disposition.


Lisa, ma compagne de Turquie et Géorgie, infatigable voyageuse, est passée découvrir les paysages Ardéchois, en route vers l'Espagne et le Portugal. En stop et à pieds, évidemment! Elle est arrivée en compagnie de Connor, Irlandais qui se rend en stop au Japon...

Il reste toujours une part de risque, mais est-elle beaucoup plus élevée qu’en traversant la rue en bas de chez nous ?
Et l’aventure n’est-elle pas justement au coin de la rue ?
Dès qu’on le décide, et qu’on envisage notre environnement différemment…

Mais qu’on se rassure (est-ce vraiment rassurant d’ailleurs ?), cette crainte de « l’aventure », et tout simplement de « l’autre », est universelle.

Dans chaque pays traversé, on vous met en garde contre le pays suivant, forcément peuplé d’assassins et de bandits.

Par exemple, les Italiens sont méfiants vis-à-vis des Grecques, qui abhorrent les Turcs, qui redoutent les Géorgiens, qui méprisent les Arméniens, qui vous préviennent contre les Iraniens, et ainsi de suite…

Or, de l’Italie à l’Iran, on va de bonnes surprises en bonnes surprises.
 L’hospitalité et la chaleur gagnent du terrain à chaque pas vers l’est.

Fait notable, la peur se transforme elle aussi en allant vers l’est. Elle passe de « peur de vous », à « peur pour vous ». Délicieuse mutation !




Il semble que chaque pays ne soit entouré que d’ennemis sanguinaires et monstrueux.
Et à l’intérieur même d’une nation, l’ouest est forcément plus dangereux que l’est, le sud que le nord, et vice-versa bien entendu, selon l’endroit où l’on se trouve.

Si on continue à zoomer, on s’aperçoit que le village de la vallée d’à côté, dans lequel vous espérez vous rendre, est censé être moins bien fréquenté que celui que vous vous apprêtez à quitter, et ainsi de suite…

Partout le discours est le même:

Ailleurs est dangereux.

Mais ailleurs, c’est toujours chez quelqu’un qui pense pareil. Déroutant.

Trêve de lieux communs, finissons sur une note plus terre à terre.
Je me suis aperçue que je n’avais pas mentionné le poids de mon sac lors de l’article sur le matériel.

Au départ, avec les affaires d’hiver, 16/17 kilos sans nourriture et sans eau. Donc avec chaque jour un minimum de 2 litres et 2/3 kilos de nourriture, on arrive dans les 20/22. C’est lourd. Trop lourd.

A la fin, à vide, 12kg, ce qui fait 15/17 avec provisions. C’est mieux. C’est même tout à fait gérable.

Une rando dans le Beaujolais pour changer. Faire sécher la tente me rappelle quelques souvenirs.


Voilà, ceci était le dernier article publié sur ce blog.
Il s’est fait attendre très longtemps, et j’en suis désolée pour ceux qui l’attendaient et se sont peut-être lassés, à juste titre.

Personne ne le suit sans doute plus, mais pour moi-même il était important d’y mettre un point final.

Je vous remercie de l’avoir suivi.
Merci également à Philippe, qui m'a accompagnée les six premiers mois. 
Ainsi qu'à Lisa, pour les quelques semaines passées en sa compagnie, et aux amis, famille, délaissés pour un temps, mais qui m'ont donné un coup de main à distance lorsque j'en ai eu besoin.

Je n'oublie pas, et n'oublierai jamais, tous ceux qui m’ont aidée sur le chemin.
Ce sont les vrais héros de l'histoire.
Ils sont bien au chaud dans mon coeur, dans ma tête.
Car si aventure il y a eu, c’est avant tout une grande aventure humaine qui dépasse tout ce que je pouvais imaginer, espérer.




mercredi 22 août 2012

MATERIEL

Bonjour! Non, je n'ai pas oublié le blog, mais le retour au bercail dévore agréablement mon temps.
Entre retrouvailles d'amis, périples à moto à travers France pour revoir les uns les autres, et réappropriation de mon lieu de vie.

Voici cependant comme promis un petit topo "matériel", pour ceux que ça intéresse...

Ne pas être sponsorisée, me permet de donner un avis impartial, quoique subjectif... Youpieee!

Je commencerai par les bâtons, fidèles compagnons, auxquels mes genoux vouent une reconnaissance infinie!
Ils ont également tenu à distance quelques chiens trop zélés, ainsi qu'un duo de jeunes brigands ;-)

Ils m'accompagnaient déjà depuis quelques années dans diverses activités avant mon départ, comme ski, rando, ski de fond, et ont vaillamment résisté à toutes les épreuves que je leur ai imposées.
Je ne crains donc pas de leur faire de la pub, bâtons télescopiques Charlet Moser, évaluation +++! 


Bien entendu, on retrouve aussi en tête de liste, mon sac à dos, indéfectible compagnon.
Après un nombre considérable d'essais dans tous les magasins de sport à ma disposition, et même un échange de dernière minute, je suis partie, dubitative quant à la solidité du matériel, avec ce sac Décathlon "Forclaz 70+10 Symbium 4".

L'un des extrêmement rares sacs féminins de 80 litres de contenance.
Quasiment rien à lui reprocher. Si ce n'est la propension des sangles à glisser et se desserrer.
Dès le début, il a fallu bloquer les sangles des bretelles, ceci ne permettant plus de jouer sur la longueur.
Et il faut bloquer le serrage de la taille à chaque enfilage avec un double noeud, ce qui rend les "pauses-pipi" toujours un peu plus longues.

Mais sa solidité n'a jamais été prise en défaut, malgré des poids parfois assez extrêmes, et des manipulations hasardeuses dans les transports en commun.


Trois tentes m'ont accompagnée, dont voici la dernière.
Il s'agissait plus de dépannage que d'un campement digne de ce nom.
Mais son prix et sa légèreté m'ont permis la liberté du choix des haltes sur la dernière partie du voyage.

La première des tentes, la MSR Hubba Hubba, vaut cependant la peine d'être signalée.
Trop lourde pour moi seule (2kg), elle était absolument parfaite pour deux.
 Confortable, solide, facile d'utilisation, de couleur verte (excellente invisibilité dans la nature), je la conseille vivement!



Pour le duvet, même chose. Après avoir passé le premier et rigoureux hiver avec un Valandré Odin -30° (1kg650), irréprochable, j'ai opté dès le premier printemps pour ce modèle trouvé à Istanbul (1kg), qui était un peu limite lors des nuits fraîches mais m'a permis de m'alléger encore un peu et de gagner en volume.
Renvoyée aussi la doudoune en plume, qui par sa douceur et sa chaleur, permettait de remonter la température corporelle autant que le moral.


Un avis mitigé sur le Thermarest prolite femme.
Confort excellent, isolation sur sol froid super efficace, mais solidité à revoir.
Même traité avec beaucoup d'égards, de multiples micro-crevaisons advenues on ne sait comment.

Mitigé aussi le service après-vente, suite à un mail depuis la Turquie à la maison mère en Irlande qui n'a pas proposé de solution satisfaisante.
Mais l'équipe du "vieux campeur" à Paris, elle, a très bien assuré à mon retour.



Petit oreiller Décathlon, qui représente quand même un certain volume, mais surtout un confort agréable, sans le bruit et la sensation de carton que procurent les produits gonflables.
Le petit plus qui aide à passer des nuits sous tente reposantes et confortables.



Grosse vedette, la chaussure Meindl, jamais une ampoule tant que je les ai portées, avant de devoir les abandonner en Inde.

En revanche, j'ai fait l'acquisition de basket North face en Thaïlande (oui, des vraies!), et ai eu à gérer des ampoules chaque jour jusqu'à la Chine :-( C'est sans doute aussi ma faute, car je n'avais pas re-préparé mes pieds, ablation de la corne, mise en condition avec crème Nok...

Des petits défauts en revanche quand à la solidité dès le début, dus à la conception, au niveau du frottement entre les deux chaussures. Surtout pour les personnes marchant un peu en canard comme moi ;-)

Et comme je me vautre dans le luxe, je porte en plus, une paire de sandales, pour le confort à l'étape, ou l'exploration des villes.



Achetés sur le tard, en Thaïlande, les sacs à peu près étanches 20 litres, sur lesquels j'avais fait l'impasse au départ, et qui ont avantageusement remplacé les bêtes sacs plastiques.

Dans le orange, tente, duvet, matelas, oreiller.
 Dans le bleu, vêtements.



Récupérée par envoi depuis la France en Turquie, l'indispensable moustiquaire pour pays Asiatiques et chauds.



L’inénarrable chapeau Décathlon, pas super seyant, souvent plutôt un peu ridicule (style je me la joue aventurier), mais léger, aéré, tenant bien la tête, passe à la machine, et SOLIDE!



Et hélas, les incontournables paires de lunettes. Une pour le soleil, et deux pour la vue de près.

Des trucs à deux balles, achetées sur les marchés, mais doublon inévitable.
Il suffit de ne pas avoir de paire de secours, pour en perdre ou en casser dans un pays où il est impossible de trouver des remplaçantes  en toc.
Il faut alors se les faire faire chez un opticien, fragiles, chères.

C'est dingue comme c'est vicieux la lunette! ça saute des poches, se précipite sous des véhicules ou des pieds, se cache, toujours aux moments les plus inopportuns. 



Petit bonnet acheté une bouchée de pain en Turquie, qui ne m'a plus quittée, et m'a été utile jusqu'au bout.



Mon accessoire favori, une longueur de soie achetée au marché au tissus avant le départ.

Sert à tout: foulard ou châle pour le froid, pour les visites de mosquées ou d'églises, voile improvisé, jupe de remplacement lors de lessive de tout le reste, paréo pour les douches prises en public au Laos, drap de soie à glisser dans le duvet pour rajouter quelques degrés, et j'en oublie...

En parlant de drap de soie, le vrai drap de soie léger acheté au départ, et bien pratique, est hélas très fragile, et difficile à trouver en route.
Et difficile même en Inde ou autres pays d'Asie de trouver une soie aussi légère pour en faire refaire. Le foulard a donc pris le relais.


LA chaussette Rywan. confortable, pas d'ampoule. Le top. Mais en ne partant qu'avec deux paires, l'usure arrive quand même relativement vite, snif.



Outsider, le petit appareil Canon de base, qui a tenu le coup brillamment!
Il ne m'a jamais lâché, et a réussi l'exploit de ne jamais se perdre, ni se faire voler!



Téléphone Iphone, donné par ma mère quasiment le jour du départ. Je ne savais absolument pas m'en servir. J'ai appris sur le tas.

Il m'a permis,  lorsque j'ai commencé à en entrevoir les possibilités, de me connecter dans tous les pays sur internet, ce qui a changé radicalement le cours de mon voyage.
J'avais envisagé au départ, de partir sans téléphone, et sans appareil photo.
Pour plusieurs raisons il en a été autrement, et je ne saurai jamais à quoi aurait ressemblé le voyage sans ces technologies.
Sans doute quelque chose de très différent.
Mieux? Moins bien? Différent.

En revanche, un bête smartphone aurait été préférable, car les verrouillages imposés par la marque Apple m'ont posé beaucoup de soucis tout au long du parcours!



Lorsqu'on marche loin de tout, l'indispensable chargeur solaire.
Acheté en cours de route, il a pas mal tenu le coup, bien que ne se chargeant rapidement plus qu'en solaire, et plus sur réseau électrique suite à un problème de connecteur.

Posé sur le top du sac, il se chargeait tranquillement les jours de grand soleil.
Lors de ciel même légèrement couvert, très peu d'efficacité.


THE  couteau Suisse. Plus à présenter. Ne pas oublier d'y attacher un petit cordon!


La frontale à led. Pas de souci particulier. A part la mousse d'appui sur le front qui s'est fait la malle.


Gobelet en Titane. Léger, solide, multi-usages. Un bon compagnon.


Le seau qui se plie!
ça vaut vraiment le coup de se charger de quelques grammes supplémentaires, qui permettent de prendre de l'eau dans diverses conditions, faire sa toilette, des lessives, rapporter de l'eau à la tente, la suspendre, ect...
Seul souci, si vous ne pouvez  suspendre, à poser impérativement sur du plat, vraiment très plat, sinon c'est pieds mouillés et retour à la rivière!


Altimètre, montre, boussole, thermomètre etc... Dès qu'on se retrouve en montagne, utile.



Après m'être débarrassée de l'immonde serviette micro-fibre qui donne l'impression de se sécher avec une serpillière, ou plutôt de ne pas vraiment se sécher, et qui dégage une odeur infâme en deux jours, j'ai opté pour des basiques carrés de serviette éponge assez fin et de qualité médiocre, qu'on peut trouver partout, qui ne coûtent rien, et qu'on peut même découper pour différents usages.

C'est ainsi que j'ai mis au point dès la Turquie, le système "no pq". Dans la plupart des pays, on trouve des toilettes publiques beaucoup plus facilement que chez nous, dans lesquelles il y a toujours de l'eau.
On peut y laver son petit bout de serviette, qu'on garde sur soi dans un sac plastique, et évite d'avoir à gérer du papier.

Idem dans la nature, où l'on trouve presque toujours des points d'eau.

Un autre petit truc perso, pendant qu'on est sur le sujet.
Il m'arrivait souvent d'être pour la nuit dans une pièce assez éloignée des toilettes. Plusieurs portes grinçantes à ouvrir, escaliers à descendre, de quoi réveiller toute une maisonnée.

J'ai donc adopté le système des anciens, le pot de chambre.
Version light. Bricks de lait ou de jus de fruit dont je coupais le sommet.
On peut le changer aussi souvent que nécessaire, c'est de la récup, c'est souple et se plie, léger, et je dois avouer que j'ai même utilisé le système une fois dans un bus! Chuuuut ;-)



Bon, d'accord, la pharmacie n'a pas été mon plus gros investissement.
Pas de médicaments, à part une boîte de Doliprane, quelques tubes d'homéopathie (particulièrement Arnica), crème à l'Arnica, baume du tigre, charbon actif, de quoi se recoudre en cas d'urgence, une bande pour entorse etc, du sparadrap, un petit pschitt désinfectant, de l'antimoustique, crème solaire, et le tube de NOK de chez Akiléïne qui va être le sauveur de mes pieds!
Le tout dans un Ziploc de base.

Les vrais médicaments, finalement, en cas de besoin, ça se trouve partout.
Et puis le mieux, c'est encore de ne pas en avoir besoin. De toutes façons, je n'avais pas d'assurance ;-)

A ce propos, toutes les assurances pour voyageurs au long cours sont extrêmement chères!
J'ai finalement choisi celle du vieux campeur, très bon marché, mais qui ne comporte que frais de rapatriement et décès.
En gros, j'avais le droit de mourir, mais pas celui d'être malade. ça motive!

Et il m'a semblé que le fait d'avancer à un rythme très lent, permettait au corps de s'habituer progressivement aux microbes rencontrés, et m'a permis de jouir d'une bonne santé tout au long du périple. A part deux grosses crèves, et une toux persistante ramassée en Inde, et qui a trouvé sa solution en Thaïlande grâce à l'acupuncture.
Rien en tous cas qui m'ait obligée à m'immobiliser ou interrompre le voyage.

Quant à la trousse de toilette, elle est réduite à sa plus simple expression, et dans un petit ziploc elle aussi.
Brosse à dents, dentifrice, savon, crème pour le visage, une petite pierre ponce, une pince à épiler, et deux limes en carton.

Ha! Et un tube de rouge à lèvre! Ben quoi j'suis une fille après tout!



La très chère poche à eau Platypus. Quand la soudure de la gourde commence à fuir, pas de salut.
Quand on n'a plus que le tuyau, on peut toujours le relier à une bouteille.
Sauf que dans beaucoup de pays, les pas de vis ne sont pas compatibles. Mouais. Bof.




Bon, comme vous l'aurez compris, tout ça finit par peser son poids, avant même d'aborder la question vestimentaire.

Encore que ce ne soit pas le poste le plus lourd...
Deux slips, deux paires de chaussette, deux tee-shirts.  (un de nuit, un de jour), une chemise manches longues, un pantalon, une jupe longue, veste et pantalon de pluie, et un maillot de bain une pièce très décent ;-)

Cette garde-robe a évolué au cours du temps, selon les saisons, et les codes vestimentaires des pays traversés, sans jamais s'alourdir. A chaque acquisition, je devais sacrifier une pièce d'habillement, à donner, ou renvoyer selon les cas.

Résultat, il faut laver, laver, et relaver!

Pour certains (surtout des garçons), l'addition de tout cela peut sembler une débauche de matériel.
D'aucuns, arrivés en pays chauds, zappent la tente, le duvet, et des tas d'autres trucs superflus, ce qui permet un sac plus petit et plus léger, mais font il faut le dire, l'impasse sur la propreté.

J'ai pour ma part toujours privilégié avec la tente, la liberté, le choix, et avec mes quelques vêtements, une apparence la moins terrifiante possible.
Car même si j'étais très loin d'un concours d'élégance et de féminité, me faisant refuser plusieurs fois l'accès aux toilettes des femmes (surtout en Chine), j'essayais au moins de sauver les apparences.

Je ne pouvais pas envisager d'être accueillie par des inconnus crasseuse et puante.
Paradoxalement, ça nuisait à ma crédibilité.
Je voyais bien l'incrédulité dans les yeux de certains, qui n'était pas due qu'à la démesure de ce que je leur annonçais.

Un voyageur, marcheur, routard, se doit d'être cra-cra.
Forcément, pour les hommes, c'est plus facile. Une petite barbe de trois jours, et le tour est joué. Look baroudeur instantané!

Pendant que j'y pense, je vais aborder la question du budget.
Disons que j'ai essayé de rester dans une moyenne de 300 euros par mois.

Impossible en Europe. Surtout l'hiver. Pas loin du compte à partir de la Grèce.
Et très facile entre la deuxième partie de la Turquie, Géorgie, Arménie, et jusqu'à l'Iran. Car dans ces pays où j'ai bénéficié d'une grandiose hospitalité, le budget tournait plutôt autour de 100 euros par mois.

Au passage, un petit conseil pour ceux qui désireraient se rendre en Iran. Comme le système cartes visa, et toutes cartes étrangères d'ailleurs n'a pas cours, au lieu de transporter du liquide (que je trimbalais depuis la Turquie où j'avais pu retirer des euros), il faut ouvrir un compte.
Après, il est très simple de retirer de l'argent dans des distributeurs. J'ai regretté de ne pas avoir choisi cette option.

En revanche, à partir de l'Inde, pays réputé peu cher, le budget a tourné autour des 300 par mois, surtout dû au fait que mon mode de transport a changé.
Même bons marchés, les bus, trains, assortis de petits hôtels glauques et de visites (exorbitantes!), finissent par alléger considérablement le porte-monnaie.
Et pour s'y tenir, il faut lutter sans fin contre les tentatives ruineuses  et systématiques des uns et des autres, pour multiplier le moindre prix dans des proportions délirantes.
Éreintant.

Anecdotiquement, il est amusant de constater, que pour un budget encore un peu plus élevé, dans un pays comme la Thaïlande, on a toujours envie de donner un peu plus.
En Inde dans une chambre à deux ou trois euros, on a l'impression de se faire voler.
Et arrivé en Thaïlande, lorsqu'on paye trois euros cinquante, ou quatre euros, on a envie de leur demander si ils sont sûrs de ne pas s'être trompés à votre avantage!

Je laisse le Japon à part, qui était en quelque sorte le bouquet final, la récompense.
Grâce à l'accueil d'Evelyne et des couchsurfeurs, je suis restée dans des dépenses disons... raisonnables, mais largement au dessus du budget initial.
Rien qu'une semaine de train avec l'abonnement au Japan rail pass, presque 300 euros. Le budget du mois dans la semaine. Paradoxalement, la nourriture, si on s'en tient à des "bentos", reste accessible.

A part également, mon billet de retour.

Tout le monde a dans l'idée que voyager coûte cher. Tout dépend de la façon de voyager.
J'ai rencontré des personnes, comme mon amie Lisa, avec laquelle j'ai marché quelques temps, qui ont pris la décision de vivre sans argent. Ou très peu.
Vêtements donnés, nourriture récupérée, tente, auto-stop, hospitalité spontanée et couchsurfing...
De temps en temps, elle travaille un mois ou deux, dans son cas, en donnant des cours d'Anglais, ce qui est facile pour les personnes dont c'est la langue maternelle, et repart.
Ils sont plus nombreux qu'on ne le pense, à parcourir le monde dans ces conditions.
C'est un choix, qu'ils assument généralement bien, et qui ne touche pas que les très jeunes.
Bravo à eux.

Autre question qui m'a été posée, les photos.
Comme vous l'avez vu plus haut, petit appareil numérique de base, carte sd.
Pour stocker d'avantage, j'ai sacrifié la définition.
Et tous les quatre à six mois, je confie ma carte sd à quelqu'un qui repart sur la France, ou fais des copies sur clé usb.

Voilà en gros ce qui me vient pour l'instant à l'esprit en ce qui concerne le côté matériel de l'entreprise.

Pour les impressions plus personnelles livrées avec le petit recul que je peux d'ores et déjà avoir, je publierai, bientôt je l'espère (oui, je sais, je dis toujours ça :-(), un ultime article.

Je m'appuierai d'ailleurs pour me lancer, car je ne savais pas trop par quel bout le prendre, sur un questionnaire judicieux, qui m'a été envoyé par Marion, une lectrice de Grenoble.

Quelques réunions sont prévues autour du voyage, à droite à gauche, et si ça vous intéresse, je me ferai un plaisir de vous en communiquer les dates par mail.

A bientôt donc, et bonne rentrée!