lundi 13 juin 2011

REPOS

Repos. Oui, repos bien mérité, après avoir terminé ce trek! Deux nuits en couchsurfing à Kemer, chez Fatih et ses deux co-loc,  puis trois autres nuits à Antalaya chez Ferhat. J'y retrouve les affaires que mes amis Suisses y avaient déposées il  y a un mois, ainsi qu'un colis envoye par une amie. Mais revenons en arrière. Et même jusque chez Ademe, dont j'avais oublié de vous présenter les  chameaux. Enfin ceux de son frère. Je vais m'en tenir là, et ne pas  vous présenter toute la famille, frères, parents, cousins, voisins,  oncles, amis... Et passons directement à la suite du parcours.
Il faut vous dire que depuis quelques jours, je suis plus que jamais  accrochée au balisage, car dans une bataille entre rochers arbres et  arbustes pour retrouver mon chemin, le topo est tombé, et à part un  petit dépliant-carte touristique, j'avance un peu à l'aveuglette...
 Pour quitter Finike, une loooongue route toute droit avant de  retrouver le parcours. C'est sans compter avec ce que j'appellerai la  "providence" Turque. Alors que je me liquéfie sous le soleil, un jeune à moto s'arrête,  et me voici "presque" à pied d'œuvre, car ne connaissant pas la  Lycian way, il me pose sur une plage trés loin du parcours. Mais  quelques "droit dans la pente à travers bois", m'y ramènent en une  petite heure. Je n'avais pas encore du transpirer suffisament  aujourd'hui! Pause déjeuner sur cette plage, dont l'image (ci-dessus) de l'unique parasol près  de ce gros rocher m'a séduite.
(ce n'est pas parce qu'on est musulmane qu'on ne va pas se baigner et prendre une petite douche apres!)
Et dans la soirée, petite baignade suivie d'une douche, sur une autre  plage qui m'accueillera pour la nuit. J'attends que tout le monde soit parti pour dîner et installer mes affaires.
 Mais deux jeunes arrivent pour écluser des bières sur le ponton, et  ne partent qu'à la nuit tombée. Ils s'inquiètent de me voir là, et du coup je leur explique. Ils partent aussitôt me chercher à manger, et reviennent chargés  d'une grosse assiettée de pâtes! Puis bien éméchés, ils me proposent un bain de minuit, puis de dormir  chez/avec? eux... Il suffit de refuser poliment et leur expliquer que je suis fatiguée,  et ils s'en vont, après s'être assurés que je n'aurais pas froid. Trop cools.
 Le lendemain, le défaut de topo me joue un vilain tour. Sur le plan  sommaire dont je dispose, j'espère trouver une source à mi-chemin.  Mais il s'avère que c'est une citerne, et que je ne peux pas l'ouvrir. Je tombe donc en rade d'eau alors que je n'ai pas encore atteint le  col, que ce jour là il est annoncé dans les 37 à l'ombre, et que je monte en plein cagnard dans des éboulis blancs. Dans la fin de la montée, je m'arrête quasiment tous les trente mètres. Je n'en vois pas le bout. Heureusement vient enfin la descente, plus ombragée, et deux heures  plus tard, de l'eau! Ouf! Au début il ne s'agit que d'une fuite dans  un tuyau captant une source, mais j'y reste à quatre pattes avec mon gobelet jusqu'à ce que mon inextinguible soif soit à peu près étanchée.
Puis je trouve un endroit parfait pour dormir, mais je n'ai plus à manger, et un arrêt ici me rajouterait trois kilomètres sur l'étape déjà longue de demain. Je continue donc jusqu'à la plage d'Adrasan, petit paradis pour touristes. Pas une seule "vraie" maison, mais des dızaines et des dizaines de pensions, hôtels, bars et restaurants.
 Il faut dire que la baie est splendide. J'ai juste oublié de prendre des photos... Et le lendemain, je passe la nuit dans une petite pension du site d'"Olympos", où cette fois les pensions ont totalement colonisé sauvagement ce magnifique canyon avec leurs "tree-houses". Ce sont effectivement parfois des cabanes dans les arbres, mais surtout des cabanes en bois. Rien en dur dans ce canyon, que du bois du bois du bois. Ça confère au lieu une ambiance très particulière. Fréquenté par les backpackers du monde entier, dans une atmosphère très années 70. Et au bout du canyon, la magnifique plage, après les ruines d'une ancienne cité Lycienne, puis Grèque et enfin romaine, où les époques se superposent.
(endroit parfait pour m'arreter, mais plus de nourriture)
(un poil juste pour moi et mon sac a dos...)
(petite pension a Olympos, atmosphere detente)
Et alors que j'envisageais, pour éviter quelques grosses étapes de montagne, de prendre l'option itinéraire côtier, je m'aperçois que ça me ferait louper "les feux de Chimeira". Et passer à côté de l'aheine du dragon tué il y quelques deux mille ans, ce serait dommage! Je modifie donc dans la foulée mon itinéraire, évitant ainsi village  et côte. 

(le canyon d'Olympos)

(la plage d'Olympos)


(Bon alors, les serpents vivants. ils vont trop vite. Heureusement.)
(dans la montee de Chimeira, un moyen original de signaler les poubelles)
A quelques 300 m d'altitude, le feu sort des gueules de la terre. Il fait chaud. Montée, redescente, remontée, c'est sec. Et soudain, vers Ulupınar (Pınar= source), de l'eau partout. Des torrents, des ruisseaux, des sources, ici c'est le royaume de l'eau. A tel point que c'est le fond de commerce de ce village et de ses  environs. Beaucoup de restaurants au milieu de nulle part, installés dans l'eau,  qui cascade de tous côtés. Impressionant et rafraichissant.
 Je continue la grimpette, et arrive au dernier village a 900m, avant  quelques jours d'étapes de montagne. Petite halte au mini-market, pour faire des provisions. Et au moment de payer, je m'aperçois qu'en zappant mon itinéraire  d'origine, j'ai aussi zappé le distributeur de billets! J'ai bien quelques euros, mais l'épicière n'en veut pas, et ne me  vend de nourriture que ce que je peux obtenir avec mes 5 TL restantes  (2.50 euros). Voyons, il me reste une perite boîte de maquereaux, des céréales, et  quelques olives. Je prends du pain, du fromage, et une petite boîte de thon. Prochain distributeur de billets dans 5 jours.. La mission: tenir jusque là.
(les feux de Chimeira)

(bestiaire suite, grenouille)

Je commence donc dès cette fin d'après-midi l'étape du lendemain. Et le ciel étant menaçant encore ce soir, je trouve une cabane de  bergers assez abandonnée mais toujours bâchée. Je m'y installe, mais me déplace avec prudence et parcimonie autour,  car quelques bébés serpents ont filé entre mes pieds, et les parents  ne doivent pas être loin. Tout le bazard qui jonche les alentours de  la cabane (bâches, boites, bidons), offrant des nids à foison.
 J'y dors assez mal, car le vent se levant, fait claquer les bâches et  plastiques divers tout la nuit. Et sentant une bestiole sur mon bras dans la nuit, je l'attrappe à  l'aveuglette et la jette, mais je pense que c'était une abeille  moribonde qui m'a piquée légèrement, la cabane étant entourée de  ruches.

(confort moyen)
Au matin, je poursuis la montée. Très raide, mais ombragée, dans  une forêt magnifique. Je grimpe, lentement mais sûrement, avec cette sensation qui  m'accompagne souvent le matin, qu'il suffit juste de mettre un pied  devant l'autre, pendant un temps indéterminé, pour parcourir la terre  entière. Sensation grisante que le monde vous appartient, et qu'il ne  tient qu'à vous de le découvrir. Une appartenance sans possession,  une offrande.
 Bon, le soir, mes pensées sont généralement plus terre à terre... Surtout quand, la journée se présentant bien, j'enchaine deux  étapes, pour palier au manque d'argent et nourriture. Et bien sûr, quand tout semble dans la poche, descente jusqu'au  prochain village, ça se corse. Le balisage au lieu de descendre remonte, et prend la mauvaise  direction. Je pose mon sac, et pendant plus d'une heure, explore toutes les directions. Vers le haut, vers le bas, et finis par retrouver  l'itineraire d'origine.
 Mais problème, un enclos rempli et entouré  d'un troupeau de chèvres en bouche l'accès, ce qui n'est pas grave en  soi, mais le chien qui les garde n'entend pas me laisser passer. La  plus brave des bêtes à distance, devient monstre sanguinaire dès que  j'approche un tant soit peu. J'essaye diverses stratégies, mais le  molosse ne veut rien savoir, et le goulet d'accès au chemin est  complètement bloqué.
 Cherchant une solution alentour, j'aperçois un berger, qui n'a pas  l'air très net. Il se cache derrière un arbre plus haut, et  apparaît, parfois torse nu, parfois vêtu d'un tee-shirt orange, les  bras en l'air, recommençant plusieurs fois ce petit jeu. J'essaie de  lui parler, mais il se recache à chaque fois, et ne rappelle pas son  chien lorsqu'il m'attaque.
 Bon, et bien on ne va pas insister, je repars, et descendrais  finalement par un large chemin carrossable, qui rallongera encore de  quelques kilomètres cette double étape. 
(partout des chutes de pierres. Je ne m'attarde pas...)
(j'etais quasi la-haut ce matin)
J'arrive enfin au village, avec de quoi tenir encore ce soir et demain. Et dès la première maison croisée, je me fais héler par Galip et sa  femme Acen. Un petit thé, d'accord, ce n'est pas de refus. Je les  informe tout de même que je n'ai plus un centime, car ce qui est  offert de bon cœur ailleurs, ne l'est pas forcément losqu'il y a des  touristes dans la région. Mais au contraire, du coup ils me proposent  de m'héberger cette nuit, dans une petite maison dans leur ferme. C'est pas d'refus! Le soir, Galip m'emmène sur sa moto voir des amis, visiter une grotte,  et l'arbre millénaire local. Impressionant.
 Entre temps, il m'a informée que la descente de la double ètape que  je compte faire le lendemain, est déconseillée. Trés dangereuse, il  y a eu de nombreux accidents. Il me propose donc de faire la partie montante de l'étape, car la vue  est spectaculaire, et de redescendre par la petite route pour passer  une deuxième nuit chez eux. Ok. Il me faudra seulement m'habituer deux jours durant, à être appelèe  Fatima, car Galip a décidé que ce serait mon nom Turc, car il  n'arrive pas à prononcer Françoise. J'ai toujours eu un certain temps  de réaction lorsqu'il m'appelait...
 En redescendant, le lendemain, le nez au vent et allégée de la  plupart de mes affaires laissées chez eux, je m'aperçois que je ne  retrouve plus leur maison, située un peu à l'écart du village. Je  suis descendue trop bas, il y a plusieurs petites routes, ce que je  n'ai pas vu, n'ayant pas traversé le village le matin en partant par  un sentier dans la forêt. Je reviens sur mes pas, mais ne sais pas vers où me diriger. Je  pourrais demander à quelqu'un, mais quoi? Sur le coup j'ai oublié leurs  noms. Expliquer que c'est une famille avec deux enfants? C'est le cas  de tout le monde ici. Qu'ils ont des chèvres? Idem. Des vaches? Pareil.  Des poules et coq? Mouais... Et toutes mes affaires sont là-bas. Je finis par retrouver la maison après m'être fait une petite  frayeur. Ha bonjour l'aventurière!
(la grotte de Gedelme. Ils font tout comme en Ardeche ici. Canyons, grottes, escalade... Je ne me sens pas depaysee comme ça!)
(bestiaire suite, le gros crapaud)
(on ne voit pas bien la taille du tronc, mais il est enooorme!)

Le jour suivant, je termine donc mon parcours en redescendant vers  Kemer, la civilisation, et ses distributeurs de billets. Billets que je n'aurais pas le droit de dépenser tant que je serais  sous le toît de Fatih, mon couchsurfeur. Finalement je n'aurais effectivement pas déboursé un centime en 5  jours. Mais je n'aime pas vivre ainsi aux crochets des rencontres.
 Ce  qui est proposé de bon cœur, n'a plus le même sens lorsqu'on met les  gens dans l'obligation de subvenir à vos besoins. Je passe donc deux nuits parfaitement reposantes à Kemer, où mon  hôte et ses co-locataires m'ont laissé leur meilleure chambre.  Baignade, ballade, dans cette ville touristique, annexe de la Russie. De Demre à Antalya, le Russe est roi. Enseignes en Russe, tout les  gens dans le tourisme parlent Russe et non Anglais.
(Galip et sa famille)
(j'aime beaucoup ces deux photos. La naturelle, et la posee)
(canyon de Göylük)
Puis arrivée à Antalya, où je suis actuellement, chez Ferhat et ses  co-locataires. Hier soir une soirée extrêmement chaleureuse entre  couchsurfeurs, dans l'amphithéâtre de la marina. Pas moins de douze nations représentées dans notre petit groupe!  Passionant.
 Et vendredi, avec quelques uns, je repars pour Kaş, où, SCOOP, ma  tente est enfin arrivée, deux jours après la fin de mon trek! Et à Kaş, ce week-end, grosse réunion couchsurfing dans un camping.  Ça tombe bien!
 Donc après la solitude des montagnes, vie sociale très active! J'aime cette alternance, de solitude, de rencontres et vie dans des  familles Turques, et d'échanges cosmopolites.
 D'autant plus qu'après ce parcours de près d'un mois (qui aurait pu  être beaucoup plus court si je ne m'étais arrêtée fréquemment deux  nuits par-ci deux nuits par là, dans l'espoir de voir arriver ma  tente) j'ai une super boulette! Ça a été malheureusement un stress dont je me serais bien passée  pour apprécier les merveilles de cette randonnée. D'autre part, si j'avais été certaine de ne pas l'avoir, je n'aurais  sans doute même pas commencée!
(l'orage arrive sur Kemer. J'ai fini la Lycian a temps! Orages apres orages deux jours durant dans les montagnes)
Donc heureuse, et comme neuve après ces quelques jours de repos.
 Après la fête de Kaş, je reprendrai la route pour Konya et ses  soufis, j'irai y voir les derviches tourneurs. Puis la Cappadoce et ses grottes. Mais à force de trainer, et déroutée de plusieurs centaines de  kilomètres de l'itineraire prévu à l'origine, il va me falloir  composer avec l'emploi du temps, si je veux être sortie de Turquie  avant la fin de mon visa, fin août.
 Auto-stop, bus? Je verrai. A partir de maintenant, la taille des pays,  les parties désertiques, la durée des visas, et les saisons dicteront  ma manière de voyager.
PS: je rappelle que ma seule adresse desormais est frdasque@hotmail.com car je n'ai plus acces a celle de katbrakatjamb. 

3 commentaires:

  1. salut Farncoise, ca fait trop plaisir de lire ton lournal de bord.
    bonne route
    Ich freue mich schon auf die nächste Nachricht von dir
    Marlies

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  2. Salut Francoise, ca fait plaisir de lire ton journal de bord.
    bonne route
    Ich freue mich schin auf die nächste Nachricht von dir
    Marlies

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  3. coucou!
    je viens de prendre le temps de bien relire les derniers articles et ça nous fait drôlement envie ! et oui bébé pédale déjà pas mal à cette lecture :-) c'est fou cette histoire de feu éternel de chimera!et oui, je fais des petites recherches supplémentaires ! c'est passionnant!
    à tout bientôt !
    domi

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