mardi 5 juin 2012

OMINE OKUGAKE

Ce message, pardon, ce roman fleuve, ne me permet pas seulement de 
vous narrer les quelques jours passés sur ce pèlerinage, mais aussi 
de renseigner éventuellement les quelques fous qui voudraient s'y 
engager, et qui ne trouvent pas d'informations, comme ça a été le 
cas pour moi.


Il s'agit de 80? 170 km? (les infos diffèrent. Quelque chose entre les deux), de sentier de creux en crêtes, jalonné de sommets sacrés, 
entre 300 et 1900 mètres.


C'est un Japonais vivant en France, rencontré sur le ferry Shanghai-
Osaka qui m'en avait parlé.
Sans l'avoir réellement fait lui-même, à part une journée.


Des pèlerinages, au Japon, il n'y a que ça.
Ne disposant de renseignements sur aucun en particulier, je jette donc mon 
dévolu sur celui-ci.


Evelyne tente également de glaner des renseignements, mais tout ce 
qu'on obtient, est : c'est très difficile! C'est dangereux!


Comme ça fait un an et demi que j'entends ça à peu près tous les 
jours, il en faudrait plus pour me convaincre.

Petit jardin de temple á Yoshino.
Je me pourvois donc de la carte la plus précise, seulement 50000 ème 
hélas, et pas un seul caractère latin.
Puis je m'y rends avec pour seuls repères, le nom du village de 
départ, et celui d'arrivée.


Ha si! Deux autres petits détails: une partie de la montagne est 
interdite aux femmes (impures?, tentatrices pour les moines des 
montagnes, les "Yamabushis"?, encore un truc pas clair), et il n'y a 
pas de nourriture sur le parcours. Également quelques problèmes de 
ravitaillement en eau.


De toutes façons, c'est un parcours basé sur l'ascétisme, donc 
voilà.


Petit calcul à la louche: 4 jours, plus détour spécial femmes une 
demi-journée? J'essaie d'optimiser le rapport poids-minimum vital, 
sachant que je ne peux faire l'impasse sur la tente, matelas, duvet. 
Allez, zou, 4 jours de nourriture, pour le reste, je compte sur ce que j'appelle "le miracle du randonneur".


Arrivée dans l'après-midi à Yoshino, je m'adresse tout d'abord au 
premier temple que je vois, afin de déterminer la partie interdite, et recueillir des renseignements que j'espère de première main.
Long entretien en Japonais :-( avec les moines, qui ne savent pas 
grand chose, et qui tentent devant mon insistance, de me trouver un 
itinéraire bis pour femmes, car le bis normal s'est écroulé suite au 
typhon de l'année dernière. L'ensemble du parcours a d'ailleurs été 
très affecté et rendu encore un peu plus dangereux par le passage de 
ce typhon.
Ils finissent par essayer de me surligner un chemin des plus 
aléatoires, et me souhaitent bonne chance, un pauvre sourire aux 
lèvres, l'air désespéré.
Mais ils ne me laissent pas partir sans m'indiquer que je dois passer 
par la case police.

Je comptais zapper la case en douce, mais ils m' attribuent un 
charmant vieux Monsieur qui m'y conduit.

Le très urbain responsable de la police qui ne parle pas plus que les 
autres un seul mot d'anglais, se débat longuement avec mon passeport 
et mon visa, l'air perplexe, avant que je m'aperçoive qu'il consulte 
le visa Chinois.
Impossible de l'aider à remplir tout un formulaire en Japonais. Il ne 
connaît même pas le mot "name".
Il finit par appeler une femme, qui parle deux mots et demi, et le 
premier Monsieur repasse, puis le chauffeur du ryokan (petit hôtel 
traditionnel que j'ai du finir pas accepter, alors que je demandais un camping mais il n'y en avait pas), négocié par la police, conduite 
directement, bon, pas trop le choix.

J'ai du leur promettre avant, que je les appellerai tous les soirs 
(sauf le week-end haha! et dans la montagne ça ne passe pas hahaha!,
mais je suis sage, je promets), leur donner le numéro fixe d'Evelyne, 
qu'ils voulaient joindre sur le champ mais j'ai dit qu'elle 
travaillait, et mon numéro (car Evelyne m'a prêté son portable), 
qu'ils ont vérifié, mais j'ai dit qu'il serait toujours éteint pour 
économiser la batterie.


Ils lui ont téléphoné dès que j'ai eu le dos tourné, paniqués, parlant d'une étrangère seule dans la montagne, de personnes à prévenir, d'accident, et elle a cru qu'il m'était arrivé quelque chose à peine arrivée, avant de réussir à démêler leur charabia.


De toutes façons, je ne sais pas ce que je pourrais bien leur dire, 
donc je ne les ai pas appelés.


Evelyne avait insiste énormément pour que je prenne des renseignements au "visitors center", qui n'est ouvert que le week-end! 
Le contraire des flics quoi.


En gros, en semaine, ici c'est quasi désert.
Le gentil policier et la dame et le Monsieur ont vérifié que j'avais 
une tente, et de la nourriture pour?..., je leur ai dit 5 jours  pour 
faire sérieuse et prévoyante.
Mais ils ont aussi téléphoné à quelqu'un qui leur a dit que les 
Hommes (ces héros), font ça en 6 jours! Alors moi, faible femme... 
ont-ils sous-entendu en me regardant avec commisération...




Bref, en arrivant, je comptais marcher quelques heures en fin d'après-midi, mais j'ai du passer ce temps là avec les uns et les autres.


Influencée par les mines de tous ceux qui m'ont parlé, je me fais 
doucement à la pensée que ce sera sans doute mon dernier repas, et en 
profite doublement, fredonnant gaiement "A mon dernier repas..." de 
Brel.
L'idée fait son chemin, et trouvant que finir ici et maintenant (pas 
pire qu'ailleurs et plus tard si on réfléchit bien), serait un bon 
point d'orgue à mon voyage, ma préoccupation devient d'offrir un 
cadavre décent.
C'est avec un soin tout particulier, un peu en tant que mon propre 
embaumeur, que je prends ma douche le lendemain matin.


Alors que je quitte l'hôtel, le propriétaire sort, m'appelle, et 
m'adresse de grands signes d'adieux, presque la larme à l'oeil. Encore un gars encourageant.


Mon dernier repas?

Mon dernier ptit dej?

Mon dernier tatami?
Dès les premières heures, je m'égare, et me rends vite compte que 
beaucoup de détails manquent sur la carte, sont erronés, et qu'elle ne possède pas du tout le niveau de précision d'une 50 000 ème IGN.


De descentes en montées, d'égarements en retrouvailles, d'obstacles 
en chemins disparus, je finis par trouver le camping visé, au terme 
d'une longue journée, au creux de la vallée civilisée dans laquelle 
il m'a fallu redescendre pour laisser aux Hommes ;-), leur terrain de 
jeux.

(Les moines des montagnes leur réservent des séances 
effrayantes, en les confrontant au vide du haut d’une falaise, d’oú ils confessent leurs erreurs, et promettent plus de constance religieuse. Le but étant de les confronter au sentiment d'une mort 
imminente, symboliquement,)

Jeunes arbres pliés ou abattus par les tempêtes.

Petit pont sur un ruisseau, inutilisable. Derrière, plus de chemin. Droit dans la pente, je cherche. Ouf, je trouve.
Deux tentes au camping ce soir là. Un jeune couple, dont le mari parle un peu Anglais, et moi.
Le pauvre jeune homme va rapidement regretter de parler Anglais.
Le propriétaire du camping, l'utilise comme interprète.


Et arrivé au moment où il me demande quels sont mes plans pour le 
lendemain, je réponds bêtement la vérité.
Pas futée la fille.


Il panique complètement. Il repasse au moins 7 ou 8 fois dans la 
soirée, parfois accompagné de sa femme, dérangeant le couple encore 
et encore.


Il veut me mettre en garde. Me dissuader. Me terrifier.
Voyant que ça ne marche pas, il me demande de passer le lendemain 
avant mon départ à la mairie du village.
Je refuse, arguant que ça me mettrait en retard.
Qu'à cela ne tienne, il m'y accompagnera en voiture. Ça ne prendra 
que 10 mn!
Pas question. Je commence à les connaître mes Japonais. Rien n'est 
jamais bref.


Je finis par lui signaler que le meilleur moyen de me garder en vie le lendemain, c'est de me laisser dormir.
Bonne nuit la compagnie, je disparais dans ma tente.


Je comptais étudier tranquillement l'itinéraire du lendemain, car il me faut 
rejoindre le chemin principal, là où il est à nouveau autorisé aux 
femmes, mais ils ne m'en ont pas laissé le temps
Un truc usant, jongler avec les arbres 100 fois par jour.
Dès l'aube, voilà le proprio qui revient, et me dit d'aller voir la 
police.
Re-pas question. La police de Yoshino m'a déjà enregistrée, ils n'a 
qu'à leur téléphoner. Sinon, qu'ils se déplacent eux même.


Je finis par etre très rude, mais je m'aperçois que dans la traduction que fait 
le jeune homme, sorti de son duvet prématurément, j'entends beaucoup 
de "aligato"!

Du style: "elle vous remercie de votre sollicitude, mais...." "merci 
de votre prévenance et de votre intérêt, mais..."
Brave garçon.


Son interlocuteur, dérouté, ponctue d'une belle et terrible voix 
grave, chaque phrase, de rrhhhhôôôôôô et de rrrrhhhhhaaaaaa, 
dignes d'un samouraï de film Japonais.


Coups de téléphone depuis son portable.
Bon, le résultat, c'est qu'un policier m'attend à la réception, un 
peu plus bas.
Je refuse de m'y rendre, j'ai tout mon matériel à ranger, s'il veut 
discuter, il monte. Bon, il monte.


Et ça recommence comme le premier jour. Formulaires en Japonais, 
quelle est ma nationalité, pour savoir quelle ambassade prévenir, 
contact de la famille ou amis, etc... (Hey les gars, j'suis pas encore morte! Attendez un peu avant de les appeler!)


J'essaie une nouvelle fois de leur expliquer, tout en continuant mes 
préparatifs, que le meilleur moyen de m'aider, serait de me laisser 
partir pas trop tard, afin que j'ai le temps de rejoindre un refuge 
avant la nuit!


Parfois, je les plante là, mais le temps d'aller me changer, un 
nouveau personnage a fait son apparition. Le fils du proprio, qui 
connaît le parcours.

Traversée d'éboulis sur sentier emporté.
Et rebelote, c'est trop dangereux, bla bla bla, mais toujours aucune 
indication sur la nature du danger.
C'est bête, parce que ça me donnerait plutôt envie d'aller voir ;-)


Je quitte enfin les 6 personnes à l'air contrit, assistant à mon 
départ. Pas tous d'ailleurs, car le fils insiste, et me dépose au 
pied du sentier qui remonte.


Ouf! Enfin seule!
Presque. Car c'est un samedi, et même si quasiment personne ne fait le pèlerinage, quelques randonneurs empruntent des chemins montant à des 
sommets, passant une nuit en montagne.
ça, depuis le temps que ça me pendait au nez! Me prenant pour Blanche-neige, les biches m'accompagnent partout.
Lors de ma pose pique-nique, je croise, fait inhabituel, un jeune 
couple d'Américains.

Ils m'expliquent qu'ils voulaient marcher une 
journée sur le sentier, mais qu'ils ont du faire demi-tour car c'était trop dangereux.


J'ai enfin l'explication d'un passage qu'un moine m'avait fait cocher d'un point d'exclamation rouge.
Suite au dernier typhon, le sentier s'est écroulé, et il faut 
utiliser des cordes pour passer.


Je commence à me demander si je dois continuer. Ils sont jeunes grands beaux et forts, le doute s'immisce.


D'autres personnes sont-elles passées?
Ils pensent que oui, mais pas avec des gros sacs comme le mien.
Bon allez, je vais voir.


Chemin faisant, j'imagine une falaise à pic et un passage horizontal, 
quasiment suspendue dans le vide à une main courante. J'envisage de me vacher avec la ceinture de mon sac à dos en l'utilisant comme 
baudrier, et des tas de solutions dans le genre.


J'espère également rattraper un gars qui est passé pendant que je 
déjeunais, très équipé, cordelettes, corde et mousquetons, mais il 
a pris un autre chemin. Pas un pelerin non plus.


Hahaha! Quand j'arrive sur les lieux, il ne s'agit que d'un glissement 
de terrain, avec une main courante verticale, dans le sens de la 
descente, pendant quelques mètres, et une petite traversée d'éboulis!
Heureusement que je n'ai pas renoncé!


Bien tentant...
Je l'adopte.
Une fois passé l'obstacle, je me dis que c'est bon, le plus dur est 
fait, tralalalala.
C'est alors que les vraies difficultés commencent. Ce petit passage 
n'était rien, comparé à la suite du parcours.


Le principe étant, de suivre une ligne de crête, faite de dizaines et 
dizaines de sommets, sans jamais zig-zaguer, quelque soit la 
verticalité.
Donc quand c'est trop abrupt pour ressembler à un vague sentier, ils 
posent selon les cas, des chaînes, parfois neuves, parfois rouillées, 
ou des cordes.


Dans l'absolu, la difficulté technique n'est jamais énorme. Pas plus 
qu'un niveau 4c-5a.
Ce qui, lentement mais sûrement, crée l'impression de danger, est la 
répétition interminable de ces passages, le volume et poids du sac, 
et les bâtons dans mon cas (qui m'aident énormément dans les pentes 
mais m'handicapent lorsque j'ai besoin de mes deux mains), la pluie, 
qui s'emmêle et rend tout glissant, et la solitude.


Car passés les quelques endroits ou l'on croise des randonneurs à la 
journée, presque personne sur le pèlerinage lui-même.


Le fait que la moindre erreur puisse être lourde de conséquences sans 
l'éventualité d'un quelconque secours, contribue au sentiment de 
risque.

Cinq minutes de marche, et, la source. Faible débit, j'utilise mon petit seau pliant.
Dans l'après-midi, alors que je comptais continuer encore un peu, je 
trouve un refuge, et le visite.
Si beau, si propre, personne, je l'adopte.


Pendant qu'il fait encore jour, je suis le sentier qui mène au point 
d'eau, pour faire le plein, ma toilette, et un peu de lessive.
C'est que j'ai toujours à l'esprit que j'ai été en quelque sorte 
rayée du monde des vivants par anticipation. ;-)
Je me préoccupe donc de mon futur cadavre.


Lorsque je remonte au refuge, j'ai la surprise d'y trouver 7 personnes!
Ils ne font pas le pèlerinage, mais ont garé leur voiture quelques 
kilomètres plus bas, et se préparent à faire le lendemain 
l'ascension du sommet près duquel je suis passée en début d'après-
midi.


Ils me laissent gentiment la mezzanine, et s'entassent au rez-de-
chaussée.
Et pour cause. Ils m'annoncent qu'ils se lèvent à 3h du matin!


Allez, å trois, toilette å l'eau glacée!
Ma jolie petite mezzanine.
Plaquettes votives.
C'est hallucinant de voir à quel point ils prennent tout au sérieux. 
Ils ont du matériel comme pour une expé dans l'Himalaya, et se 
lèvent comme pour conquérir l'Everest.
Le sommet en question culmine à 1900m!


Guêtres, chaussures d'aliplinisme ultra rigides qui les handicapent 
dans les passages tortueux entre racines, vêtement hyper techniques, 
  plats déshydratés, petits réchauds dernier cri...
Avec mon tee-shirt en coton, mon pantalon de toile et mes tranches de
pain de mie, j'ai vraiment l'air d'un guignol.


A part ça, ils sont adorables, me proposent vodka et whisky, et tout 
le monde se couche rapidement.


Lorsqu'ils me demandent où je vais, ils poussent des grands 
rrrrrhhhhhhôôôôôôô et des grands rrrrrhhhhhaaaaaaa, et 
applaudissent tous en chœur.
C'est quand même mieux que de me regarder l'air consterné.


Mais un gros ronfleur, tient quelques expéditionnaires éveillés une 
bonne partie de la courte nuit.
A 3 heures, réveil, à 3 heures 30, zou, tous sont partis. Ma nuit 
commence.

Chemin de mousses.
Chemin effacé, impression de tourner en rond dans le brouillard de ce paysage désolé, je veux m'en éloigner au plus vite. De crainte d'y disparaitre comme Artax, le cheval d'Atreyou dans les marais de la mélancolie. (cf L'histoire sans fin)
 
Au matin, le vrai, je me sens en pleine forme, et comme pour la 
première fois personne ne me prédit mille morts, je me figure 
naïvement qu'il me sera facile de rester en vie.


Erreur.


Je pensais au départ que le jour le pire avait été le premier. En 
raison des difficultés dues à l'évitement des parties interdites, 
descentes et montées de plusieurs rudes collines 700 m par ci, 800 m 
par là..., des problèmes d'orientation que ça posait, accentués par 
mon ignorance de la langue, et le temps de m'habituer à leur façon de 
signaler les choses succinctement sur les cartes.


Puis, avec la remontée depuis la vallée jusque pratiquement au 
sommet, plus LE danger qui m'avait été signalé, suivi d'autres 
inattendus, j'ai cru que c'était le deuxième jour, le plus difficile.


C'est parce que je ne savais pas ce que le troisième me réservait.


En gros, une bonne partie des difficultés des deux premiers jours, 
plus la pluie, de plus en plus forte toute la journée, transformant le moindre pas en piège.

Rochers, racines, herbes, aiguilles de pin, 
boue, chaînes, horriblement glissants, dans des pentes vertigineuses.


Et les dénivelées toujours cumulées recumulées, et rerecumulées.
Par moments, le type de terrain me fait penser au GR20 en plus 
difficile, et a certains GR des Pyrénées, petits passages d'escalade 
en plus.

Je ne sais même plus si j'ai eu å la monter ou å la descendre celle-là. Il y en avait tant et tant...
Comme souvent, j'observe les empreintes et traces, animaux et humains, et commence à me dire qu'au moins deux personnes lourdement chargées me précèdent.

Plus j'avance, plus j'ai la sensation de me rapprocher d'eux. Je vois 
les endroits où ils souffrent, glissades, petits pas, et me demande si je vais les rejoindre dans la journée.


Puis je les aperçois. Non pas deux, mais trois hommes, qui semblent 
avancer au ralenti.


Nous échangeons des bonjours et quelques mots. Ce sont enfin des 
pèlerins. Des vrais, qui font le chemin dans sa totalité.
Il est 14h30.


Deux heures plus tard, j'arrive à un refuge qui n'était pourtant 
qu'à une poignée de kilomètres. Mais les kilomètres n'ont vraiment 
aucune valeur de temps.
Le prochain n'est qu'à 4 kilomètres, mais ma moyenne peut n'être 
parfois que de 1km/h, ce qui me ferait marcher, ou plutôt grimper de 
nuit sous la pluie. Impossible.


D'autant plus que ce refuge là, contrairement au précédent, qui 
était vide, possède un foyer, des bouilloires, casseroles, bols et 
couverts, ainsi que, ô miracle du randonneur, de la nourriture 
abandonnée par des prédécesseurs trop chargés.


Ça tombe bien, car 
je commençais à m'inquiéter sérieusement de l'absence de miracle.
Pffff
Il y a des petits panneaux un peu partout dehors, mais je ne sais pas 
lesquels indiquent la source, qui d'après la carte est assez loin. Et 
il pleut des cordes. Mais il y a des bidons d'eau remplis, pour la
consommation.


Pour la toilette, ce sera câlinettes, tant pis pour mon cadavre!


Je me dépêche donc avant l'arrivée des trois papys pèlerins. Je dis 
papys, car ils ont peut-être le même âge que moi, mais maintenant 
que je suis grand-mère, allez zou, tout ce qui est au dessus de 52, 
c'est papys et mamies ;-)


Puis je fais un feu, et mets une grande bouilloire à chauffer.

Une vraie femme au foyer.

Sauf que le foyer en question, au milieu de la 
pièce, n'a pas d'évacuation, et qu'il faut tout ouvrir, laissant 
entrer la  pluie et le vent, pour ne pas suffoquer.


Mes compagnons arriveront 2h après moi. L'eau bout, ils sont bien 
contents.


Du coup, en plus des soupes de nouilles que j'ai trouvées sur place, 
ils m'offrent un vrai dîner gastronomique.
Dommage, je me suis gavée juste avant.


Lorsqu'ils déballent leur matériel, je comprends pourquoi ils 
souffrent et n'avancent pas. Casseroles, passoire, réchauds, gaz, 
légumes frais ( du lourd, carotte, oignons...), saucisses, tofu, 
condiments, épices, ils ont tout comme à la maison.

Et ce sont des 
cordons bleus. Ils me proposent évidement du saké.
Pour un pèlerinage ascétique, je suis un peu étonnée.


 
Nous parlons un peu, très peu, grosse barrière linguistique. Ce qui 
ne les empêche pas de me surnommer "Hi-speed".

Ha, ça, ça les fait bien rigoler.
Ça fait la joie de leur soirée.

A l'heure du coucher, je ne me donne pas la peine de déballer mon 
barda, car il y a des tonnes de couvertures douillettes dans les 
placards.
Je me fais un petit nid, et m'endors rapidement.


Mais à 3h30, voilà que mes lascars se réveillent, raniment le feu, 
enfumant à nouveau la pièce, et contrairement aux randonneurs de la 
veille, ils ne partent, après copieux petit déjeuner, que deux heures 
et demi plus tard.

Comment leur faire comprendre que le carburant du 
"Hi-speed", c'est le sommeil?


J'ai beau m'enfouir dans mes couvertures, je ne peux pas me rendormir. 
En plus que je crois qu'ils m'avaient réservé une part de petit 
déjeuner. Mais le petit dèj à 4h du mat, je n'ai pas pu.


Une fois qu'ils sont partis, je m'extirpe péniblement de mon cocon 
pour un ptit dèj à mon rythme, et un départ vers 7h30. Voilà qui 
est raisonnable.


Et seulement une heure après, je les retrouve. Il y a dans leur un mystère mathématique qui me laisse pantoise.


Mais bon, ça les fait rigoler, et j'entends encore des "Hi-speed Hi-
speed" à mon passage.

En fait, ça me plaît bien de les savoir derrière moi en cas de souci.
Mais passé un certain cap, je sais qu'il ne passeront plus que le 
lendemain :-(, ou le surlendemain...


Le sentier est souvent indistinct. A chaque fois que je me dis, non, 
ça ne peut pas être là! C'est trop abrupt! Hé bien, c'est que c'est 
là.


Sauf par deux fois, où je me suis mise dans des situations scabreuses, 
après être descendue dans un petit ravin difficilement remontable, ou 
m'être retrouvée à l'extrémité d'un piton rocheux, devant 
effectuer un demi-tour périlleux, collée au rocher, mon sac ayant 
tendance à vouloir me pousser dans le vide, et désescalader à 
l'aveuglette.



Ne pas perdre de vue le chemin, et surtout ne pas se laisser attraper par les pièges cachés. Racines, pierres glissantes...
Quelques temps après avoir dépassé mes gourmets pèlerins, je trouve 
de nouvelles empreintes.

Une personne seule, petit pied, pas trop chargée, rapide.

Rejoindrais-je ce ou cette mystérieux(se) inconnu(e) d'ici ce soir?
Ou à l'étape?

Car il n'y a plus de refuge ni sources, mais il m'a 
semblé comprendre qu'un monastère se trouvait quelque part. C'est mon 
but du jour.


J'apprends à chaque fois le but du jour par cœur, et ses caractères 
en Japonais. Ça devient la chose la plus importante à ce moment là. 
Je me le répète en boucle.

 Et dès le lendemain, impossible de m'en 
souvenir.


Belle image de la vie en raccourci. Bien sûr, la chanson de 
Ferré "avec le temps", s'installe sous mon crâne. ;-)

Ce qui nous semble revetir une importance vitale à un momemt donné, se trouve relégué dans un lointain coin de notre cerveau après un laps de temps aléatoire.
Impermanence, impermanence...

Et je continue à m'amuser, en interprétant les indices donnés par la 
piste. Tiens, quelques glissades, un petit coup de fatigue?


Parfois, le temps d'une ou deux enjambées, je mets mes pas dans les 
siens.


Bon, ça peut sembler stupide, mais ça change les idées. Car en ce 
quatrième jour, mère nature a rajouté brouillard et vents violents.


Voilá, c'est ça. Par le chemin le pire, sommet, col, sommet, col, dix fois par jour au moins.
Et lorsque ça se passe modérément bien, que je me retrouve suspendue 
à une chaîne sur laquelle mes mains glissent, que mes bâtons 
accrochés à mon poignet par les dragonnes ou calés entre mon dos et 
mon sac, se coincent dans une racine ou une fissure du rocher, que je 
dois dégager une main pour les décoincer, qu'une rafale de vent et de 
pluie cinglante me balance sur un côté et que je dois pédaler pour 
me rétablir, me vient à l'esprit "le ptit cheval dans le mauvais 
temps", ça me fait rire, et hop, ça repart!


A d'autres moments, entre deux difficultés, égarée dans le
brouillard, ayant l'impression de tourner en rond, les yeux sur la 
boussole, ne sachant ce que le proche avenir me réserve, j'entonne à 
tue-tête, "J'arrive", de Brel.
Ok, dit comme ça, ça peut sembler pas marrant, mais en fait, c'est 
plutôt dans un état d'esprit détendu et serein, curieuse, et même 
un peu pressée de connaître la fin.

Je ne sais plus le nom de cette rare fleur des montagnes, associée aux chanceux pèlerins qui la rencontrent.

Et c'est alors, entre chansons et que me vient pour la première fois 
la question: pourquoi.


Chaque pèlerinage a un objectif, et est supposé apporter quelque 
chose de particulier. J'aime bien partir sans cette information 
importante, pour laisser venir mes sensations, et ma propre 
interprétation.


Je prends alors conscience de la différence avec Emei shan, en Chine 
(voir 2 messages avant pour ceux qui n'ont pas suivi ;-)).
Plus qu'une différence, radicalement le contraire.


Alors que la monotonie hypnotique des marches d'Emei shan portait à 
la rêverie, au lyrisme, à l'élévation de l'âme, pourquoi pas?(pour 
ceux qui en ont une), Osore san, par le cumul de ses petites 
difficultés, vous ancre dans le sol.


Pas de place pour la rêverie, il faut être vigilant à chaque pas.


Élévation? La moindre racine a vite fait de vous ramener brutalement 
le nez dans la gadoue, dans le meilleur des cas.


Le but général étant de vous confronter à l'idée de la mort. De 
l'impermanence de tout.

Et chaque fois que vous pensez que les 
difficultés sont derrière vous, vlan, ça vous en remet une couche.


Du genre, ben quoi, t'as pas compris, t'en veux encore? Qu'est-ce que 
tu crois?


Et ça, je l'ai expérimenté jusqu'à la dernière seconde. Plusieurs 
fois par jour.


Le deuxième refuge. A gauche au fond, le foyer.
C'est beau, mais ça glisse.
A la fin de ce 4ème jour, alors que je me projette déjà dans le 
confort du dortoir et de la table d'un petit monastère, ce qui me fait avancer au delà de ce que je prévoyais, pas le moindre bâtiment.


 Pourtant, j'ai l'impression que ça sent la fin, une petite route déserte côtoie 
parfois le chemin.
Mais de temple, point.


Des panneaux en Japonais dans différentes directions, à droite, en 
bas, à gauche. Malgré la fatigue de la journée, motivée, j'emprunte sur une 
centaine de mètres chacune d'elles, mais rien.


Et il y a toujours un fort vent, qui a fini par chasser les nuages.


Je me résous donc à passer une nuit sous tente. Je m'abrite dans un 
chemin entre des rhododendrons en fleur.


Dîner frugal, mais excellente nuit.


Au matin, je pars tôt, enfin, je ne suis pas Japonaise hein, vers 7h 
quand même, et vingt minutes plus tard et plus bas, le temple et le 
monastère! Hahaha!


Avant de les redoubler, ce deuxième jour, je me dis que s'ils me trouvent accidentée et appellent les secours, l'hélico ne pourra pas les louper. Réconfortante pensée.

Encore un petit passage quatre pattes où mon sac va se prendre dans les branches.
Et là, se préparant près d'une fontaine, mon mystérieux inconnu. 

Nous échangeons un rapide bonjour, et ça m'amuse de me dire qu'il 
ignore qu'il a été mon compagnon involontaire et mon ami imaginaire 
d'hier.


C'est un vrai pèlerin. Un grand bâton de bois sculpté, muni d'une 
clochette et d'une ficelle, qu'il noue à sa taille.


Je le laisse, et cherche le chemin pendant un bon moment, essayant différentes 
options, en vain. J'ai perdu une demi-heure.


Et comme j'ai bien avancé 
la veille, je me suis mise en tête de terminer aujourd'hui.

Avant deux 
heures de l'après-midi, heure du bus qui peut me ramener à une 
station de train.


Je finis par revenir au temple.
La "fée clochette" est toujours là.


Il me propose de venir avec lui.

 Une fois sur le bon chemin, je le 
quitte, car je me dis que si j'étais un vrai pèlerin qui avait 
décidé de faire ça seul, ça m'embêterait vraiment de me taper une 
touriste collée aux baskets le dernier jour.

ça me fait penser au bois de VIncennes après la tempête de décembre 1999.

Sympathique arbre qui a déployé beaucoup d'efforts pour offrir un banc.
Et depuis la veille, il y a des panneaux succincts en Anglais assez 
souvent. Le coin est classé patrimoine mondial par l'UNESCO, et de 
courtes et imprévisibles portions sont traduites.


Mais bien sûr, à la première intersection, un panneau manque, et je 
me fourvoie. Longtemps.

Après être redescendue de plusieurs centaines 
de mètres, je remonte, espérant retrouver mon pèlerin qui était 
derrière.


 Je tente à nouveau plusieurs directions cul de sac, et lors 
d'une dernière option à laquelle je ne crois pas, je retrouve ce que 
j'ai loupé. Une heure de perdue!


Mon retour à la civilisation s'éloigne...


J'ai essayé, tout en cherchant, de siffler, d'appeler, et sans 
résultat, je hurlais, jurais, me maudissant, criant "Voilà! On te 
donne une fée clochette, et toi, tu la laisses filer, alors que peut-
être plus personne ne va passer avant demain ou après-demain! Conne!  
Conne!".


 J'étais très en colère. ;-) 
J'aurais pleuré de rage si ça 
avait pu servir à quelque chose. Mais non, donc je n'ai gardé que la 
rage.
J’ai bien fait, car soudain, plus un seul panneau sous-titré, et 
des tas de directions, le tout toujours ponctué de pentes 
raidissimes, malgré la descente en altitude. Grrrr.

 
Heureusement, j'avais vaguement fini par reconnaître les signes 
Japonais indiquant le village de l'arrivée.
Il suffisait juste à l'oeil de les extirper du fatras des autres 
nombreux signes. Grosses pertes de temps.


Et alors que je pense encore une fois m'être trompée, j'entends une 
clochette. Devant moi, en bas, la fée! Chouette!


Je jette un œil, une seconde d'inattention, et vlan, la chute!
Sans gravité heureusement. Juste un coude écorché.


Lorsque je le rejoins, il ne comprend pas d'où je sors. Il pensait que j'étais encore devant lui.


Je lui explique que je m'étais perdue, et dans la plus pure tradition 
Japonaise, il se confond en excuses. Alors que c'est ma faute, j'étais devant, j'aurais du l'attendre.


Il me conseille, si je veux attraper mon bus, de prendre un raccourci par l’ouest. Normalement donné pour une heure et demi, il me dit que je devrais pouvoir y arriver en une heure.


Nous nous séparons donc à nouveau.

 
Hélas je me reperds, me rallongeant de plusieurs kilomètres pour 
trouver un pont, car il y a une large rivière à traverser.


Et lorsque je trouve le pont dessiné sur la carte, il est 
inaccessible, d'une part car il commence et finit par des tunnels, et 
qu'il est fermé, en travaux, sans doute à la suite du typhon de 
l'année dernière.
Le prochain rallongerait encore de quelques kilomètres.


Je trouve dans la forêt un sentier qui donne un accès non-officiel 
sur le pont, et m'y engage, l'air sûre de mon bon droit, car je crains que les ouvriers ne me l'interdisent.
Je leur demande même si j'arrive bien à tel endroit de l'autre coté, 
et il sont si étonnés qu'ils me laissent passer.


A la fin du long et noir tunnel, je suis encore loin du village. 
L'heure tourne.


Au bord de la route, un petit troquet, et une machine à boissons.
Une camionnette s'arrête pour l'entretien.


Je demande au jeune conducteur s'il peut ensuite me déposer au 
prochain village. Mais il ne me comprend sans doute pas bien, et 
refuse.

Une famille s'arrête, je ré-explique mon cas, et un monsieur 
demande à nouveau au releveur de boissons, qui finit par accepter.


Il me pose à l'arrêt de bus.

Une jeune Américaine qui est là, pense 
que je viens de le louper.

 Elle me conseille un itinéraire différent 
pour repartir d'ici.


 Mais après deux ou trois minutes, mon bus arrive,  et je rejoins enfin une gare, qui me permettra  quelques heures et quelques trains et métros plus tard, de retrouver le "home sweet home" d'Evelyne.


J'ai du m'installer sur le passage des biches, car elles tournent autour de la tente en criant, de leur petit cri perçant, au crépuscule. Mais j'apprends par la suite, qu'elles sont considérées comme les messagers des Dieux. Que cherchaient-elles á me dire?
 
Incroyable, étrange. A l'origine, j'avais prévu quatre jours et demi pour 
cette traversée, que j'ai tenus à la minute près, tout en ayant 
souvent l'impression qu'il me faudrait beaucoup plus, voire un temps 
infini... ;-)


J'ai vu dans ce pèlerinage une sorte d’allégorie de l'ensemble de 
mon voyage, lui même image d'une vie, et comme une conclusion à mon 
long périple.


Juste un passage, toujours sur le fil, dans un équilibre qui ne tient qu'au déséquilibre permanent, principe même de la marche...


La montagne a répondu a quelques questions, et je remercie Fudo 
Myôô "l'Inébranlable" rage et force contenues, dont les statuettes de pierre disposées à des endroits inattendus mais toujours opportuns, m'ont apporté soutient et messages muets.


 


J'ai bien aimé jouer à me faire peur. Jouer completement le jeu des oiseaux de mauvaise augure, dans un second degré distancié, symbolique, entre amusement et vigilance.
Conscience lucide du danger, garante de prudence, á garder précautionneusement en surface. Conserver l'imperméabilité.


Surtout éviter que cette information intellectuelle ne pénètre et ne se transforme en sensation, en panique viscérale, qui vous cloue au milieu d'un  rocher, empêchant le moindre mouvement, en avant ou en arrière, muscles tétanisés, solutions et efforts rationnels disparaissant du champ de votre cerveau.
(Y'a bien des gens  qui sont morts de froid dans un camion frigorifique éteint!)

Imagination, lucidité, folie, danse sur un fil invisible et glissant.
Délicat exercice de funambule métaphorique.

 
Malgré les prédictions de chacun, mon instinct de conservation a 
été au rendez-vous, même si mon père avait coutume de dire que 
celui de conversation était très fort aussi ;-)


Qui a dit "ça oui alors!"?

Les nombreuses heures passées dans les confortables trains à sillonner 
le Japon en long en large et en travers, m'ont permis de tricoter ce long texte sur mon clavier.

Au retour, depuis le bus, je suis fatiguée, et il me semble voir des poissons volant. Sans doute une hallucination. Elles ne sont pas rares dans ce pays de magie, d'avatars, et de démons!
Pas encore tout à fait rentrée, j'aurais peut-être l'occasion d'en 
tricoter un autre dans l'avion, sur le reste de mes visites 
Japonaises, si l'inspiration veut bien être de la partie...


En plus, si c'est trop long, vous n'êtes même pas obligés de lire, vous pouvez ne regarder que les images, ou fermer l'ordi… ;-)


15 commentaires:

  1. Magnifique récit, comme toujours...

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  2. Quel beau récit.
    merci de nous faire partager ces moments.
    Et dire que bientôt ce sera fini!!!
    Bon retour.
    Mj

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  3. Merci pour ce récit !
    Je n'aurai fermé l'ordi pour rien au monde !
    Bon retour,
    Laetitia

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  4. Bonjour, bravo, peux tu légerement augmenter la police de caractère, j'ai eu du mal à lire!!!!!! merci.

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    1. Un truc tout simple : maintenir appuyé la touche Ctrl (à gauche du clavier et le "+") c'est la loupe pour agrandir !
      Inversement Ctrl et "-" diminue la taille écran.

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  5. Les 4,5 jours sont passés très vite de ce côté d'l'ordinator. Ces pauvres japonais qui ne savent pas qu'il ne faut pas t'agiter des dangers sous le nez, sous peine de te voir y foncer direct ;-))) Je crois en effet que tu es arrivée au bout du voyage, car la photo du "petit jardin du temple de Yoshino" me fait penser au paysage devant l'entrée de la maison de Tauriers. Mais peut-être que ce n'est qu'une hallucination. Bonne fin. Bises, Mykeul

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  6. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  7. J'ose espérer pour ma part que ce n'est pas le bout, encore moins "la fin" du voyage. Tout au plus celle du blog et encore....

    En démarrant un voyage de ce type, on signe corps et âme (?) un pacte éternel avec le diable des "wanderer". Je crois que tu le savais d'ailleurs en partant. Il y aura des rémissions, parfois, certes. Des guérisons jamais ! et c'est bien car.... Les autres "contaminés" auront aussi besoin de toi ;-)

    Bon retour au pays quand même car malgré tout il est doux de câliner la progéniture, surtout celle du deuxième niveau ! de retrouver les amis et de mesurer à cette pierre de touche infalsifiable le chemin parcouru (et aussi la profondeur de ceux qui restent à découvrir ;-)

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  8. Bonjour Françoise
    Quel voyage au bout du monde ! Votre bonne étoile a veillé sur vous tout le long et resté impressionné en imaginant ces moments difficiles.
    Fermer son PC ? Que nenni !
    Bon retour.

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  9. Bravo et merci de nous avoir fait partager ce voyage !Intrépide et courageuse tous les jours ! nous nous prenions beaucoup de plaisir à vous lire. Bon retour en terre ardéchoise.

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  10. je n'ai que deux mots "admiration" et "Respect"
    après ces péripéties c'est sur tu as un ange gardien et une bonne étoile

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  11. Bonsoir Françoise bonne continuation et merci du partage de l'aventure. Sympatiquement Félicie

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  12. En rentrant de vacances, j'ai sauté sur mon ordi pour suivre mon feuilleton préféré et j'ai reçu ce choc. Tu rentres ! Il fallait bien y songer un jour...
    Je voulais te remercier de toutes ces belles visions d'un monde que je ne verrai jamais directement mais à travers tes yeux, j'ai pu découvrir de véritables trésors et surtout, j'ai balancé aux orties bien d'idées préconçues.
    Comme beaucoup, je pense que tu représentes le courage, la ténacité et j'ajoute un super humour.
    Si les voyages forment la jeunesse, tu as assez de réserve maintenant et pour les 70 ans à venir (minimum) mais je pense que tu ne pourras pas rester inactive ; faut faire le livre maintenant.
    Bon retour auprès des tiens.
    Merci encore
    Bises.

    Lydia
    et Jean-Luc

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  13. Et comment qu'il faut le faire ce bouquin.....Ne crois pas que l'on vas te laisser tranquille sur le sujet !

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  14. Extraordinaire ce récit !
    Je l'avais manqué à sa parution.
    Et là viens de passer une demi heure à rire avec toi et ton cadavre, avoir peur pour toi, m'énerver avec toi, crapahuter avec toi. En virtuel ça va car il y a des passages que jamais je n'aurais fait !
    Et aussi rêver avec toi, réfléchir avec toi.
    Merci pour tout cela.
    Et les photos de ces endroits fabuleux que jamais je ne verrai en vrai.

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